Guingettes de La Souys
Un très ancien racontait, alors que j’étais encore gamin, qu’au début du siècle dernier il se rendait à la guinguette de la Souys en barque. Il ne me menait pas en bateau, j’ai appris bien plus tard, (c’est-à-dire à dire ces jours-ci) que le quartier de l’actuelle république, qui hébergeait bon nombre de guinguettes et autres lieux de plaisirs, était souvent inondé. La Garonne était proche et ses débordements fréquents. Des débordements qui n’étaient pas seulement dus au fleuve. Le quartier était chaud. On pouvait jouer, boire, danser ripailler et bien plus encore selon les moyens dont on disposait et le standing des établissements que l’on fréquentait. Le plus réputé d’entre eux était le Monte Christo que l’on peut voir sur la photo ci-dessus. Rien à voir avec le comte du même nom. Un nom et une réputation qui dépassaient les frontières du département. En fonction des époques on y venait en barque ou en gondole, en tramway ou en diligence, en autobus ou en voiture.A une époque où la vitesse n’était pas la priorité, la diversité des moyens de transports qui convergeaient en cet endroit était un atout non négligeable pour cet établissement du bord de Garonne où on pouvait jouer danser boire manger et bien plus encore.
L’établissement disposait de chambres à coucher où les demoiselles de joie montaient avec ces messieurs. Mais le Monté Cristo, n’était pas seulement un immeuble de plaisirs et de jeu, c’était également un parc avec un petit lac, une île, des allées ombragées, des bancs et des bosquets où les Messieurs faisaient un semblant de cour aux demoiselles de petites vertus.
La propriété où était situé cet établissement très en vogue à la belle époque commençait au bord de la Garonne jusqu'à la limite de la place de la république, haut lieu (ou du moins bas lieu) de plaisirs populaires qui concentrait autour d’elle des guinguettes, des bars des restaurants autres estaminets plus ou moins mal famés.
Revenons à notre ancien du début de l’article et à la ginguette moins huppée qu’il fréquentait, un établissement populaire où les ouvriers du quartier et les jeunes filles endimanchées oubliaient la dureté de cette époque dans la griserie des valses musettes et des tangos argentins. On y venait s’encanailler à ses risques et périls, mais on ne craignait rien si on respectait les coutumes de cet établissement où personne ne dansait avant que le caïd local n’ouvre lui-même le bal avec son épouse.
On peut lire dans l’excellent ouvrage de François Rattier sur la ville de Floirac ce petit bijou de composition française (c’était un ancien instituteur de La Souys) que j'ai repris (ci dessous) avec la photo du café Castéra (ci-dessus).
A l’occasion de leurs rares moments de repos, durant les beaux jours, les bordelais quittaient la grande ville (déjà la pollution ?) et allaient se promener à la campagne. Ils aimaient la rive droite. Il partaient à pied : on marchait beaucoup : on utilisait les moyens de locomotion … ( ce sont les mêmes que j’ai précédemment cités, alors je tranche dans le récit ) …. d’autres préféraient se retrouver entre amis dans les nombreuses auberges et guinguettes, ainsi que le raconte Agricol Perdiguier(dit Avignonais : La Vertu compagnon du tour de France) :
« j’ai visité Lormont. La Bastide . La Souys et autres lieux champêtres où nous faisions de gais repas où nous étions si folâtres et si joyeux. Nous allions parfois à la Souys où nous dinions, buvions le bon vin blanc : nous étions plus heureux que des rois ».
pour en savoir plus sur le tramwway de Cadillac cliquer sur http://histoires-de-bouliac.net/le_tramway_bordeaux...
et sur la place de la république https://sites.google.com/view/bordeaux-qqoqccp/themes/fontaines-de-bordeaux/fontaine-republique-floirac?authuser=0
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