On ne peut pas dissocier la petite histoire du foot floiracais du siècle dernier avec celle de la Bastide et du bas Cenon dont l'entente sportive n'a jamais cessé en dépit de l’annexion d’une partie de la rive droite par la ville de Bordeaux. Le pré du curé (emplacement de la cité du midi) où évoluait le SAB Floirac symbolisait cette entente socio-culturelle-sportive. Les terrains de Foot et la salle des Sports appartenaient à la paroisse de Sainte Marie de la Bastide qui incluait une grande partie du bas Cenon (dont le quartier Monrepos). Il est bon de rappeler aux générations du vingt et unième siècle que le Sporting Club de la Bastidenne jouait avant-guerre sur les terrains Floiracais de Cornier Belle Croix et que l’Olympique Bastidien de Floirac (1927-1931) était un grand club omnisport de la rive Droite.
L'histoire sportive du quartier Gambetta (Benauge-Cenon-Floirac) ne s'est pas limitée aux activités de sport en salle (Boxe, Gym, Judo), il y a eu aussi le foot avec le Monrepos Olympique (1930-1939) dont la photo ci-dessus prise en 1937, nous montre des joueurs inconnus pour moi, mais dont j’espère reconnus par leurs descendants. Le seul nom que j’ai retrouvé ne figure pas sur ce cliché sépia, c’est celui du président Carreyre.
Sur cette photo retrouvée par Pierre DARTHOUT dans les archives de son Grand-Père qui d’ailleurs n’y figure pas, il est mentionné écrit à l’encre et à la plume « Société Athlétique de Monrepos » alors que dans mes Archives Footballistiques il est mentionné Monrepos Olympique pour ce club crée en 1930 et qui a vécu jusqu’aux prémices de la seconde guerre mondiale.
Peu importe le nom du club ça ne change rien à la petite histoire de ce quartier partagé entre Cenon et Floirac qui a marqué notre jeunesse et celle de nos parents et grands-parents et si vous voulez savoir plus sur le sport à Monrepos cliquer sur les liens suivants:
La fête du quartier Jean Jaurès attirait les jeunes et les moins jeunes par sa renommée et surtout son feu d'artifice du lundi soir qui clôturait ces trois jours tant attendus par les grands, les petits, les filles et les garçons, les parents et grands-parents, les proches et les amis, venus des quartiers voisins profiter de ces trois journées du premier weekend du mois d’Aout qui ont jalonnées mon enfance mon adolescence, voire même ma vie adulte de jeune père. C’était toujours le premier weekend du mois d’aout. Sur la photo ci-dessus, où j’enfourche un cheval de bois (on n’a aucun mal à m’identifier, aux dires de mon épouse j’ai toujours le même regard) j’oublie totalement que le manège est animé par les bras d’un vieil homme dont d’ailleurs c’était son nom (ou son pseudonyme). Monsieur BRAS, c'était ce qui était écrit sur son camion aux jantes de bois. Une antiquité rescapée du chemin des dames ou des taxis de la marne. Le manège aussi devait être de cette époque. Pas de moteur. Juste une pogne ferme pour des relances régulières. Ce n'était pas la griserie des manèges à grande vitesse, mais les petits que nous étions, s'accommodaient de ces tours pépères effectués sous le regard fatigué de son épouse préposée aux encaissements. J'ai une pensée particulière pour ce vieux couple de forains venu d'un autre siècle (le dix-neuvième) pour distraire les gamins du quartier mais surtout aussi vivre et survivre.
Le 9 Aout 1947, je ne n’avais que quatre mois et je ne me souviens plus si j’avais sursauté lors de l’explosion de la bombe qui annonçait l’ouverture de la fête du quartier Jean Jaurès. Par contre dans la maison d’à côté, ça avait déclenché la naissance d’Alain. Explosion prémonitoire, coïncidence ou signe du destin pour annoncer l’arrivée de cet éminent physicien spécialiste des poudre et explosifs dont il a été l’administrateur, tout en étant directeur des applications militaires du CEA et attaché de recherche au CNRS. Il n’y a pas que ça, mais je n’ai pas l’intention d’écrire sa biographie ou d’étaler son imposant curriculum vitae dont vous pouvez lire un concentré dans la rubrique documents articles et archives. Je veux faire court, sans quoi mon blog serait trop petit pour raconter son parcours professionnel et ses travaux. Court et simple. Je veux juste rappeler que c’est un enfant de « Lébas de Garonne ». Il est de chez nous, de notre quartier, de la rue Louis Latimer, autrefois rue des étrangers. Une petite rue de 16 numéros qui a explosé de joie à l’annonce de son premier bachelier. Et oui, c’était un événement, à l’échelle de la rue. Une grande échelle. Un tremplin pour Alain dont la mère et les Grands Parents se sont saignés pour assumer ses études. Il n’était pas évident à l’époque, pour un habitant de notre rue de rallier les universités, alors, il a été une nouvelle fois le premier d’entre nous. Le premier à avoir son propre véhicule. Une 2 CV, pleine de souvenirs et de virées, qui a marquée notre jeunesse.
Merci à notre ami Roland Lagache ancien du Foyer Amitié qui m’a envoyé ces deux photographies retrouvées accidentellement lors d’un rangement. J’ai souvent lancé en vain des appels ou plutôt des messages pour retrouver des photos de la chapelle Sainte-Thérèse d’après-guerre telle qu’elle est restée dans mon souvenir de gamin. Un souvenir extérieur puisque je ne la fréquentais pas, à vrai dire, j’en avais même la trouille puisque c’était par elle que passaient tous les morts qu’ils fussent croyants ou athées. Peu importe, la chapelle que nous appelions l’église, était omniprésente autant par sa visibilité que par les activités qui s’y greffaient autour. Je passe sur les terrains de foot, les gymnases ou la salle des fêtes très souvent évoqués dans ce blog, pour m’attarder sur cette reconstruction ou extension (peu importe le nom) réalisée par le père Zabala basque espagnol réfugié de la guerre d’Espagne qui a érigé dans le pur style colonial ibérique une flèche qu’on ne voit pas sur les photos ci-dessous où il a installé une cloche financée par les habitants du quartier dont le tintement caractéristique annonçait les événements plus ou moins gais de la vie du quartier.
commentaire de Roland LAGACHE
« … ces photos ont été prises par mon père lors de ma communion solennelle le 18 juin 1961
La 1° prise d'assez loin devant la voiture de mon père ( une P60 ) et mon grand oncle René ELLIAS ( parent de Louis ELLIAS fusillé par les allemands à SOUGE dont une rue porte le nom au Bas FLOIRAC ).
La 2° très bien cadrée pour ne pas voir les communiants sortant de l'église mais on voit le dessus de la porte principale vers les cloches !!!
Cette même année ont fait leur communion : Baptistal, Labaure, Duvin, Rivet, et bien d'autres … »
Photo de l’intérieur la chapelle Sainte Thérèse de Floirac restaurée dans le style colonial espagnol par l’abbé ZABALA (1947-1951) prêtre ouvrier réfugié en France après la victoire des Franquistes publiée dans la page Facebook de Mémoire de Floirac et de la Rive Droite.
Dans la deuxième partie du XXème siècle, à l’amorce de la côte des 4 pavillons, et dès les premiers coups de pédales, on pouvait apercevoir un petit magasin de vente et de réparations de cycles à l’enseigne: «Au petit tour de France ». C’était là qu’André Bramard s’était installé dans les années d’après-guerre pour partager sa passion de la petite reine avec les mordus et les néophytes qui ne manquaient pas de se faire conseiller pour des réglages techniques ou l’acquisition de matériel. C’était un véritable plaisir de dialoguer d’échanger avec cette figure incontournable du paysage sportif Cenonnais. Un grand Monsieur, non pas par la taille (il mesurait 1,65) mais par son grand cœur et sa ténacité.
Son courage hors du commun et sa farouche détermination lui ont permis de rivaliser avec les grands noms de son époque. C'était un rouleur pugnace que raillaient certains de ses adversaires: « Ce Bramard, il roule peut-être fort, mais on le bat au sprint comme à la parade ! ». C’était vrai, mais pour ce faire, fallait-il encore être capable de tenir la roue d’André jusqu’au bout. En fin de course très peu pouvaient le faire. Sa carrière cycliste s’étala de 1931 à 1952. Les sommets en sont ses deux titres de Champion de France sur route par sociétés, obtenus avec ses copains de l’A.S.P.T.T. de Bordeaux en 1946 et 1947. L’autre point d’orgue de sa vie de coureur reste sa victoire, obtenue dans la ronde de l’Armagnac 1946, disputée en trois étapes, où dans la dernière étape il renversait la situation en sa faveur, s’imposant devant un lot de vedettes confirmées tels : Vietto, Camellini, A. Lazarides, Fachleitner etc…
André Bramard a disputé plusieurs tours dont celui de 1937 remporté par Roger Lapébie.
Sa participation au tour de France 1939 s’est soldée par un abandon. Il était à court de forme. André Bramard n’avait pas pu obtenir de l’armée une permission pour se préparer. Il aimait d’ailleurs raconter cette période sombre avec un brin de regret mais sans amertume.
« Ce Tour fut pour moi une vraie galère, j’étais militaire depuis octobre 1936. Je fus sélectionné dans la catégorie des individuels, je devais me débrouiller seul pour tout sans aucune assistance de rien. Ce n’est que la veille du départ à 17h00 que j’ai obtenu une permission spéciale de l’armée, comme préparation il devait y avoir mieux. J’ai pris le départ de ce Tour avec 20 jours de course dans les jambes. Les premières étapes furent pénibles. Au fil des jours ma condition est allée en s’améliorant à un point tel qu’au départ de la grande étape alpestre Grenoble-Briançon j’étais remonté au 42ème rang du général. La veille nous avions connu une journée épouvantable, dans la descente du Galibier, le froid était intense avec une pluie glaciale s’abattant sur les coureurs. Victime d’une crevaison, j’ai mis un temps fou pour réparer, j’avais les doigts gelés, j’ai dû arracher mon boyau avec les dents !!… Le lendemain j’ai eu un genou qui a refusé tout service. Dès les premières bornes de la 9ème étape avec l’escalade de la difficile côte de Laffrey, souffrant atrocement j’ai mis pied à terre sur cet affreux chemin de terre. Pleurant de douleur autant que de déception, j’ai achevé l’étape dans la voiture de Francis Pélissier.»
Je ne suis pas un spécialiste pour juger les travaux d’Antoine Prioré, par contre je peux affirmer que le personnage était aussi fascinant que controversé. J’étais top jeune à cette époque pour évaluer la secousse occasionnée par ses inventions. Une onde de choc dont Floirac était l’épicentre et qui réveillait les scientifiques les politiques et les médias. C’est à l’angle du cours Gambetta (coté Floirac) et du chemin Ser qu’Antoine Prioré avait installé son laboratoire de recherche. Il faisait partie du paysage Floiracais, ou du moins en façade. Nous ignorions ce qui se passait à l’intérieur et à vrai dire ce n’était pas notre problème. Nos soucis d’adolescence et de jeunesse étaient tous autres.
Un demi-siècle plus tard je découvre dans des coupures de presse l’importance de ses inventions et entreprends quelques recherches qui confirment que personne autre que lui, ne connait le secret de fabrication d’un matériel qui a obtenu des résultats sur le traitement de certains cancers.
J’aimerai témoigner, mais, je ne suis qu’un mauvais témoin qui est passé à côté du 83 cours Gambetta, sans m’y intéresser outre mesure. Un faux témoin puisque j’ai recours à des articles d’époque pour raconter ce personnage hors norme.
Pour lire l'article publié dans Sud Ouest le coupure presse sud ouest du 17 avril 2012 cliquer sur:
Antoine Priore (né le 10 avril 1912 à Trieste, décédé à Bordeaux en 1983) était un technicien spécialisé en électricité et électronique qui construisit à partir de 1960, plusieurs machines destinées à traiter le cancer. Malgré certains résultats spectaculaires sur des animaux, ayant donné lieu à une dizaine de communications officielles à l’académie des sciences, l’efficacité de son matériel sur les tumeurs cancéreuses humaines n'a pas été scientifiquement démontrée. Il s'est ensuivi de longues et virulentes controverses entre scientifiques de très haut niveau. Obsédé par le souci de garder le secret sur ses découvertes, Antoine Prioré est mort sans laisser de documents permettant de connaître le détail du fonctionnement de son procédé.
Extrait de l’article de Science & Vie de décembre 2001
L’association française des médecins pour la recherche sur l’électrothérapie des cancers (Artec), un organisme privé dont le siège est à Cestas (Gironde), au cœur de la forêt landaise a contacté Science & Vie pour lui annoncer que l’onde Priore avait non seulement été retrouvée, mais qu’elle avait permis de traiter avec succès des souris cancéreuses ! Selon son directeur, le Dr Bernard Murzeau, médecin gériatre à Bordeaux, les expériences qu’il a menées montrent que l’effet du rayonnement Priore est bel et bien une réalité.
Le témoignage ci-dessous d'Anne Marie HOSTEIN que nous avons connue Gamine sous son nom de jeune fille "FONTAINE" nous restitue avec sincérité et une pointe de nostalgie, cette époque qui était aussi la mienne et que nous avons vécu dans l'insouciance et le respect de nos parents et de équipements collectifs.
Témoignage d'Anne Marie Fontaine
« ... j'ai connu le pré Pinçon au tout début quand a été construite la cité de la Benauge où j'ai habité enfant. Là où a été construit le foyer des jeunes il y avait une prairie avec des petites mares où on trouvait des grenouilles. La laiterie CACOLAC avait laissé des locaux à la paroisse et il y a eu une chapelle où les habitants de la cité se retrouvaient le dimanche matin. Il y avait aussi des locaux pour les guides et les jeannettes qui jouaient près des garages de la laiterie. Ensuite ces locaux ont été transformés en supermarché SUMA. Depuis il n'y a plus rien. Il a été questions de construire une nouvelle caserne de pompiers mais c'était une zone inondable, le projet n'a pas eu de suite ...
... nous avons emménagé mes parents mon frère et moi à la cité en 54 dans un immeuble neuf et nous en étions très heureux. Les aménagements des jardins n'étaient pas encore finis mais ensuite on a eu beaucoup de jeux. Nous étions très nombreux. C'étaient les enfants du baby-boom. J'ai eu une enfance très joyeuse dans cette cité. J'ai repensé aux commerçants de l'extrémité de la rue de la Benauge et je me suis souvenue que le cordonnier avait une boutique en sous-sol et qu'il avait des montagnes de chaussures autour de lui. J'étais toujours très étonnée qu'il retrouve les miennes. Il était très aimable, très souriant mais il fallait toujours venir deux fois car débordé par le travail il n'avait jamais fait nos chaussures. Mais on ne se fâchait pas ...
... cette époque était celle du "baby-boom" nous étions très nombreux dans la cité puisque les familles étaient jeunes et s’installaient après la guerre. On faisait nos devoirs le plus vite possible, on apprenait les leçons, on les récitait à Maman, qui bien sûr ne travaillait pas, et on descendait en sautant les marches. Les uns faisaient du vélo, d'autres du patin à roulettes, on avait une "cage à poule" où on faisait des acrobaties, il y avait des manèges pour les petits et un "ho hisse" pour les grands où, à deux on s'amusait à aller jusqu'à la "secousse" quand tout tremblait. Pour nous appeler Maman avait un sifflet. Les copains nous disaient : " ta mère a sifflé" On rentrait vite en nage Dans les personnes qui sont devenues célèbres de la cité, il y avait Daniel Balavoine. Ses deux frères Yves et Guy étaient en classe avec mon frère. Je suis allée le chercher une fois à l'école maternelle avec une amie. Sa famille habitait l'immeuble en face de Cacolac. Ensuite ils sont partis à Pau. Ses frères chantaient déjà avec les petits chanteurs à la croix de bois. Ensuite j'ai vu construire le foyer des jeunes que j’ai fréquenté et où venaient beaucoup de jeunes de la « nouvelle cité" qui accueillait les rapatriés d'Algérie ...
... en rangeant, j'ai retrouvé ce petit prospectus où nous étions photographiés sur la cage à poules de la cité. Je suis tout en haut au milieu, la petite fille qui se mord le doigt. Derrière moi Yves Balavoine frère de Daniel. Tout à fait en bas mon frère Bernard le 2ème à partir de la droite. En haut à ma gauche Annie Noble, à ma droite Lise Labat. Devant moi peut être Guy Balavoine mais je n'en suis pas sure En bas à droite à gauche Bernard Labat, Bernard Fontaine, Jean-Paul Miramalous et Françoise Duverger un peu cachée derrière lui ...»
extrait de mémoires de jour
GUY BUSQUETS
tome 1 (1947-1961)
« ... l’idée de Tony, ça ne pouvait que venir de lui, de nous baigner dans la « piscine » qui en fait est un bassin, comportait quelques risques Ce n’était pas la profondeur et encore moins la qualité de l’eau dont on se foutait royalement qui étaient en cause, mais le gardien municipal en uniforme qui surveillait la cité et faisait respecter (impensable aujourd’hui) l’interdiction de marcher sur les pelouses. Ce qui devait arriver arriva. Branlebas de combat ! Ça courait dans tous les sens et bien entendu nos nous n’avions pas eu le temps de nous fringuer. Les vêtements étaient restés sur place et nous n’allions pas rentrer à Floirac (même si nous habitions à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau) en maillots de bains ou en slips pour certains. Il nous restait plus qu’à attendre que le gardien quitte les lieux pour les récupérer ...»
GYMNASE SALLE DES FÊTES
BIBLIOTHEQUE
La salle des fêtes, foyer sportif et bibliothèque de prêt qui été construite entre 1951 et 1955 est l’œuvre de l’architecte Jacques Carlu. Ce bâtiment qui est aujourd’hui exclusivement voué aux sports est connu de nos jours sous le nom de salle Jean Dauguet.
Témoignage de Guy Busquets
« ... dans les années soixante, pour nous les ados du quartier Jean Jaurès et pour ceux du cours Gambetta Cenon-Floirac, la cité Pinçon était un lieu de rencontres et d’activité socio-culturelles voire même sportives. Nous étions plus proches du foyer de de la Benauge que de la MJC Pierre Curie tout comme pour la Bibliothèque dont j’ignorais même s’il y en avait une à Floirac. J’ai connu celle qui se trouvait aux abords du gymnase avant qu’elle soit transférée dans le centre commercial entre le foyer et les préfabriqués des commerçants et artisans qui furent expropriés du bout de la rue de la Benauge pour ouvrir le passage au boulevard Joliot Curie ...»
Sur le Parvis de la salle des fêtes et foyer sportif connue aujourd’hui sous le nom de Salle Dauguet, réalisée dans les années cinquante par l'architecte Jacques Carlu, on peut voir cette sculpture d’athlète réalisée par le bordelais Gabriel-Noël Rispal (1892-1970) qui tient dans sa main un témoin de relais.
C’est un survol rapide des textes et photos publiés de ce blog et dans ma page Mémoire de Floirac et de la rive Droite concernant mes flâneries à la belle époque ( 1870-1914) le long de la rive droite de la Garonne entre Ambès et Cadillac. Vous pouvez retrouver un complément d’informations en naviguant dans ce blog ou en cliquant sur les liens.
Jules Pinçon, entrepreneur en maçonnerie de la Bastide, possédait un pré d'une vingtaine d'hectares en face de la Laiterie de La Benauge, à l'extrémité nord-est de la rue de Benauge qu’il envisageait de lotir dans les années trente, mais le projet fut Interrompu par la guerre. En 1946 Paul Vollette architecte en chef de la ville de Bordeaux relance le projet avec le concours de l’urbaniste Jean Royer. Dix immeubles disposés en « peigne », dents orientées vers l'ouest, sont érigés sur le « pré Pinçon » à partir de 1948. Vollette qui n’est pas un avant-gardiste utilise de matériaux traditionnels pour la construction de cette cité à l’architecture régionaliste. Il conçoit des immeubles d'une hauteur modeste de cinq étages en pierre de taille, posés sur un soubassement à bossages et couverts d'un toit de tuiles à quatre pentes. Les pignons et les façades orientés vers l'ouest sont aérés par des loggias dont la rondeur est contredite par des piliers carrés. L'orientation et la disposition portée des permet un ensoleillement maximal des 192 appartements.
La réalisation répond aux vœux des hygiénistes mais la densité est trop faible et les consignes du ministre de la reconstruction Eugène Claudius Petit sont claires : « l'heure est à la construction de masse » La première urgence est la lutte intensive contre les taudis dont l'air vicié empoisonne encore les enfants de plus de 6 000 familles bordelaises. Il faut construire rapidement 10 000 logements. Le ministre impose l'équipe parisienne de l'architecte Jacques Carlu bordelais pour la réalisation de deux immeubles de dix étages (une première à Bordeaux) face aux bâtiments de la première tranche.
la seconde tranche
Une seconde tranche est réalisée en complément de la cité de base. Elle se veut esthétiquement moderniste avec la verticalité blanche de ses dix étages et l'horizontalité de ses longues baies interrompues par les balcons superposés et par la trouée des porches permettant l'accès au jardin. Le matériau est moins noble, plus économique, plus léger : béton armé et pouzzolane. Les toits terrasses sont aménagés d'équipements collectifs fonctionnels (séchoir à linge). L'ensemble est complété par une série de bâtiments de moindre hauteur, des plots de quatre étages placés perpendiculairement à l'avant des deux précédents, d'autres bâtiments de cinq étages et des maisons d'un étage disséminées à l'arrière des immeubles de Volette, ce qui va faire de cet ensemble dont prendront possession les 3 000 locataires à partir 1955,
Il y a 10 ans, jour pour jour, les anciens jeunes du Foyer Amitié se sont retrouvés autour d’un repas sympa au restaurant de la gare d’Espiet en juin 2016. Beaucoup d’entre nous n’avaient pas hésité à braver les kilomètres pour revoir les amies et les amis du Foyer Amitié dont vous pouvez retrouver des infos dans ce blog en naviguant dans la rubrique qui lui est consacré ou en cliquant sur :
La construction de l'église Sainte-Marie dans le quartier de La Bastide est motivée par le développement démographique et industriel de ce secteur de la rive droite, alors rattaché à la commune de Cenon. Sa construction s'est déroulée en pleine période de transition administrative. En 1860 le projet d'une nouvelle église avait été acté par la ville de Cenon et les travaux débutèrent en 1863 sous la direction de l'architecte Paul Abadie mais le 1er janvier 1865 le quartier de La Bastide était officiellement annexé par la ville de Bordeaux et l'église, en cours de construction, devint alors un édifice bordelais.
Jusqu'au début du XIXe siècle, La Bastide qui à l'époque était cenonnaise possédait qu'une modeste chapelle située sur la route de Paris (actuelle rue de la Benauge) elle était une halte pour les voyageurs et les pèlerins traversant la Garonne. Vendue comme bien national pendant la Révolution et démolie en 1810, elle laissa les habitants sans lieu de culte de proximité, les obligeant à se rendre jusqu'à l'église Saint-Romain, située sur le plateau du haut de Cenon. L'ouverture du Pont de Pierre en 1822 provoque un accroissement rapide de la population de La Bastide qui réclame un lieu de culte.. En 1830 une pétition est adressée à la municipalité de Cenon pour la construction d'une église sur un terrain offert par la famille Ducheyronet. La nouvelle église, Saint-Marie Notre-Dame du Réconfort, y est construite selon les plans de l'architecte Auguste Bordes.En 1842 Sous le règne de Louis-Philippe, le quartier de La Bastide devient officiellement la paroisse de la partie basse bien distincte de celle de Saint-Romain du haut Cenon.
L'église a été démantelée mais ses vestiges subsistent encore aujourd'hui, intégrés dans des bâtiments privés au 59 rue de la Benauge.
Le développement fulgurant de La Bastide, porté par l'arrivée de la gare Bordeaux-Orléans et des activités portuaires et industrielles, rend rapidement l'église trop exiguë et vétuste. Le quartier qui appartenait alors à la commune de Cenon, se transforme profondément alors que les velléités d'annexion par Bordeaux se font de plus en plus pressantes pour des raisons stratégiques et économiques.
L'architecte Paul Abadie qui édifie entre 1863 et 1884 l'église actuelle qui se caractérise par sa forme allongée et son clocher porche dont le premier étage s'ouvre sur la nef. L'instabilité du sol a entraîné une réflexion particulière sur les fondations, et un espacement dans la construction afin de permettre le tassement des parties édifiées. Le clocher est couronné par une flèche et un lanternon. La nef est charpentée. Les élément décoratifs d'origine, particulièrement simples, sont majoritairement conservés. Les vitraux, commandés en 1883, sont du maître verrier Edouard Didron.
l'avenue Thiers
des siècles précédents
l'incontournable clocher de l'église Sainte marie
fin du dix neuvième siècle
milieu du vingtième siècle
l'intérieur de l'église
aux siècles précédents
Vitrail du bas-côté nord
Bethsabée, Salomon et Judith.
Atelier Édouard Didron, années 1880.
AUJOURD'HUI
Dans les premières décennies de ce millénaire, Sainte-Marie de la Bastide passe du statut de bastion d'un quartier "excentré" à celui de pilier d'un nouveau centre-ville bordelais, porté par le désenclavement du tramway et une rénovation urbaine massive. Bien que l'inscription aux Monuments Historiques ne soit survenue qu'en 2016, la période 2000-2015 a été marquée par une prise de conscience de la valeur du clocher "bulbe" et des vitraux d'Édouard Didron, nécessitant des entretiens réguliers face à la fragilité du sol tourbeux.
Mémoire de quartier est un blog d’information et de partage de la génération baby-boom de la rive droite de la Garonne dont le quartier Jean Jaurès de Floirac est le cœur.