Desse aluminium
Michel Miramon un ancien floiracais trés actif sur blog par ses commentaires, ses textes et ses photos nous raconte son histoire personnelle avec les établissements desse.
|
« … afin d'apporter une suite a l'article sur Desse publié le 19 octobre, je viens vous retracer ma propre expérience au sein de celle ci et notamment avec la naissance du secteur alu.... Il faut remonter aux années 70, où l'entreprise avait déjà fait ses preuves en charpente métallique depuis bien longtemps (voir le batiment de la foire de Bordeaux), mais avait d'autres ambitions sur sa prospérité, avec un secteur béton qui en avait fait sa spécialité en panneau béton" préfa" , mais aussi une autre activité avec son propre atelier de menuiserie alu.
Voila où commence l'aventure....
A cette époque, je travaillais pour la société Cardes (à la bastide et du même nom de rue), qui avait repris une ancienne boite où j'avais fait mes premiers pas d'ouvrier de serrurier métallier Ets Duphil pour ne pas la nommer à Bordeaux et c'est vrai qu'en ces temps-là, chacun vendait ou s'échangeait le personnel durant les ventes ....j'en arrive a ma situation. Faut dire que durant ces années et un peu avant, l'aluminium voyait le jour en France avec une autre façon de faire de la menuiserie autre que métallique et cela Desse y a vu une opportunité grâce a ses ingénieurs en bureau d’étude, ne restait plus qu'a trouver un lieu de fabrication et le personnel qui va avec...???. C'est ainsi qu'avec un collègue et moi-même nous avons été approchés sur ce projet par une personne qui nous connaissait de par avant (Mr Pérusat) qui lui travaillait au bureau d'étude de chez Desse me viens le souvenir d'une enchère salariale, de part et d'autre pour nous garder ou nous faire débaucher et finalement, nous avons dit oui pour l’aventure ! Quelques jours plus tard après avoir fait connaissance avec nos nouveaux patrons, nous voilà dans un atelier à côté du pont Bouthier, dans un cul de sac en contre bas, pas très grand, mais une petite bécane pour couper les profilés alu et une fraiseuse...et même pas de tréteaux, mais avec "Mac Gyver" nous avons pu avec des vieux bidons faire nos affaires...au vu de notre première réussite sur la première commande, Desse a embauché une puis 3 puis 4 personnes ....l'activité commençait a prendre forme, mais très vite rattrapé sur la surface de l'atelier....(entre temps on nous avait mis un petit chef supérieur ) dans un bureau, car la direction aimait cela!
Alors que Desse cherchait un autre local, voilà que l'entreprise "Schaudel à Begles" fait faillite et dépose son bilan, (youpi!) cela ne pouvait pas mieux tomber et là ce fut la grande entreprise avec toujours les mêmes aux commandes de la fabrication (le collègue et moi-même) , et ses nombreux bureaucrates...c'est ainsi que Desse Alu venait de passer les frontières, avec des commandes mondiales, mais aussi avec un partenaire important Bouygues, dont nous étions devenu son principal sous-traitant en la matière, surtout pour les chantiers à l'étranger, de ce fait l'atelier avait atteint une trentaine d'ouvriers et intérim et toujours des chefs pour nous chapoter ,mais au bout de quelques années, pensant que l'on s'était fait berné, nous avons fait savoir a la direction que nous voulions gérer nous-même la fabrication ...ce n'est que bien plus tard, que nous avons enfin pu prendre les rênes de l'atelier et montrer nos capacités ( c'était ce que nous voulions, lors de notre débauche de chez Cardes) et ainsi nous avons permis a Péchiney profils alu d'augmenter son chiffre d'affaire, technal et autres taper du pied pour vouloir travailler avec Desse alu. Reste plus qu'a regarder les références sur ce qui a été réalisé dans cet atelier. Je n'oublierai pas les 1200 fenêtres (voir photo) pour le ministère des finances au Togo, ni les chassis pour l'aéroport d'Oran, ni les menuiseries pour un bâtiment nucléaire à Bagdad et bien d'autres. La liste est longue.
Hélas tout a une fin et après des années bonheur, la direction de l'entreprise Desse a voulu reprendre celle ci avec un arrière petit fils au commande qui a eu le tort de limogé celui qui avait fait monter en puissance cette entreprise,....et quelques temps plus tard Desse a vendu son secteur alu et de la j'ai donné ma démission… »
Christian Labarchede et Michel Miramon (pseudo pro Marcel) remercient tous ceux qui leur ont fait confiance durant cette aventure industrielle que découvrent les nouvelles générations et bon nombre Bordelais qui ont vécu à cette époque.
|


