passerelle vue coté Bastide (2)

C’était seulement quand nous passions en vélo ou en patins à roulettes, que nous prêtions attention aux pavés du bout du chemin de la Sauve. Le tressautement inévitable de cette portion non goudronnée nous rappelait le changement de commune. Nous étions dans Bordeaux. Du moins sur les cartes, car dans nos esprits la passerelle était bel et bien Floiracoise. Avant 1965 et la mise en service du pont Saint-Jean, c’était le trajet le plus court pour accéder à la rive gauche du quartier de la gare et de la commune de Bègles dont les usines et les ateliers employaient bon nombreux de résidents du quartier Jean Jaurès (Cenon-Floirac). Ce n’était pas par méconnaissance qu’on intégrait les pavés Bastidiens de la rue Marcel Sembat dans la cartographie Floiracaise, mais en connaissance de cause. Une cause qui n’était ni nationaliste, ni revendicative, mais pratique. Comme beaucoup d’enfants du quartier, l’annexion* de cette bande de territoire de trois cents mètres de large sur la rive Floiracaise de la Garonne n’avait aucune incidence sur notre vie quotidienne. Les Bastidiens de la Souys et de la Benauge, les Cenonnais et les Floiracais du bas, fréquentaient les mêmes écoles, les mêmes terrains de foot, la même église.

* Le 1er janvier 1865, l’annexion par la ville de Bordeaux de la moitié du territoire de Cenon ainsi qu’une partie de Floirac et de Lormont a donné naissance à un nouveau quartier dénommé Bordeaux-bastide.

 

passerelle du pont sncf 04

Le pont métallique qui enjambe la Garonne entre La Bastide et Bordeaux Saint Jean a été réalisé entre 1858 et 1860, avec la collaboration de Gustave Eiffel. Il reliait les chemins de Fer d'Orléans et du Midi. Une passerelle pour piétons a été ajoutée 1863 facilitant le passage entre les deux rives. Dans les années cinquante la circulation sur ce passage étroit au plancher vétuste et bringuebalant, bouchonnait aux heures d’embauches et de débauches. Les mobylettes et les vélos qui avaient du mal à se croiser, rasaient les piétons et parfois les accrochaient. Il était temps de mettre en œuvre la construction du pont saint jean qui sera inauguré en 1965, tremblant de joie (ou d’inquiétude) sous les pas d’un madison rythmé. J’avais 17 ans et j’étais dans la foule qui avait fait vibrer le nouveau pont.

 

 

gare de la passerelle sépia

La gare de Bordeaux-Passerelle qui était située sur le quai de La Souys, au pied de la Passerelle Effeil avait été mise en service le 15 mai 1873 par la Compagnie du Chemin de fer de Bordeaux, permettait d'acceder à une petite gare maritime. Établie à la limite des anciennes frontières de Cenon et de Floirac d’avant l’annexion de 1865, la gare de la passerelle, qui était le terminus de la ligne de La Sauve, desservait également le tramway de Bordeaux-Cadillac qui circulait sur les quais.

La gare qui appartenait à la compagnie du Chemin de fer de Bordeaux-La Sauve, était la gare d’origine de la ligne Monrepos, dont un embranchement la raccordait à la ligne du Midi.

Cédée à l’état en 1878, elle fut ensuite reprise à la compagnie de chemins de fer d’Orléans qui transfère le terminus sur sa gare de la ligne Bordeaux-Paris.

L’ancienne gare de la Passerelle, après avoir perdu son trafic passager, s’est consacrée entièrement au trafic des marchandises jusqu'à sa fermeture en 1960. 

usine de la passerelle sépia 01

la conserverie "L.Weisz et Cie" implantée dans la portion bordelaise de l’ancien chemin de La Sauve, rebaptisée rue Marcel Marcel Sembat, possédait comme beaucoup d’entreprises du secteur, un embranchement qui la reliait directement à la gare de la passerelle.

 

   

 

passerelle sépia tronçon 05 (4) 

 pour en savoir plus sur le pont de chemin de fer Gustave Effeil

https://fr.wikipedia.org/wiki/Passerelle_Eiffel

https://www.33-bordeaux.com/passerelle-eiffel.htm

 https://fullartcontent.wordpress.com/2013/07/11/la-passerelle-eiffel/