A l’approche de la date anniversaire de l’enneigement historique du Bordelais, tout a été dit redit et répété. Il est impossible d’évoquer cette période sans rabâcher et plagier. J’ai essayé de donner ma vision Floiracaise et enfantine de cet événement, avec quelques photos inédites envoyées par mes amis Muriel et François Esteves, parmi lesquelles j’ai retenu cette cette  prise de vue réalisée devant le cinéma " le Victoria " rue Raymond Lavigne à Floirac où l’on voit ses sœurs  (Toni, Josette accroupie et Marie Thérèse) s’éclater dans la poudreuse.

soeurs de François fevrier1956

1956, année bissextile, donc année olympique mais pas que pour les sports d'été. A cette époque, ceux d’hiver qui avaient encore lieu la même année, s’étaient déroulés à Cortina d'Ampezzo en Italie et s’étaient achevés quelques jours auparavant, le 5  février. Mais ce qui s’était passé à Bordeaux dans la nuit du 20 au 21 février n’était pas un jeu. L’illusion de la blancheur immaculée du petit matin a bien vite cédé la place à la réalité du manque d’approvisionnement et de la paralysie économique de la région. Pas de transport. Pas de travail. Pas d’école. Dans nos yeux d’enfants nous ne voyions rien d’autre que cette interruption scolaire et quoi qu’il se passait autour de nous ne manquions jamais le film du dimanche après-midi au Victoria (chez ficelle) dont on peut voir l’affiche sur la photo précédente et qui m’avait particulièrement marqué. A cette époque avec Alain et mon frère Patrick nous étions des cinéphiles en culottes courtes qui mettaient des pantalons longs et chauds l’hiver (surtout cet hiver-là). J’étais un fan de Robert Wagner que j’avais découvert dans "Prince Vaillant" et " tempête sous la mer" et aurait été vraiment contrarié de manquer ce western d’un nouveau genre.

  

montage floirac 1956 02

Surprise Surprise. Ni chaines ni sablage. Ce matin-là les véhicules étaient bloqués au pied de la côte des 4 pavillons à la hauteur de la mairie Cenon. Les piétons n’étaient pas mieux lotis. Derrière le sourire de Marie Thérèse, on peut apercevoir un Floiracais qui s’active avec une pelle pour déblayer dans l’urgence. La fonte des neiges avait était longue, comme on peut le voir sur cette photo de l’avenue Jean Jaurès où la gadoue de neige et de boue invitait à la prudence.