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Ne me cherchez pas, je ne suis pas sur la photo. Je n’ai pas communié, mais j’ai néanmoins participé à cet événement. J’étais invité par mon ami Alain Delpuech à assister à sa communion, ce qui me permettait, pour la première fois de mon existence, de pénétrer à l’intérieur de la chapelle Sainte Thèrése (l’ancienne). Je n’étais pas un cas isolé. Le quartier était partagé, sans que pour autant, il y ait des clans ou de camps . La seule différence visible entre les garçons en âge de catéchisme et les non pratiquants (je ne dis pas non croyants)  c’est que le jeudi à l’heure du catoche ils n’étaient pas avec nous au  "pré du bout" à taper dans un ballon de foot tout en surveillant du coin de l’œil les Chevaux de Molinero qui s’ébattaient en totale liberté. Le quartier était ouvrier, mais pas forcément anticlérical. L’église et son curé faisaient partie de notre quotidien. Les jeudis c’étaient les abbés de Bel Cito qui faisaient office de nounous pour des après-midis de balades et de jeux de plein air qui se terminaient immanquablement par des séances de projection de diapos fixe de Tintin et Milou. (Voir extrait mémoire de jours). Les dimanches c’était l’abbé Génaud qui prenait les affaires en mains et pas seulement pour la messe du matin. C’était lui qui gérait les Terrains et les équipements sportifs (mais pas les clubs) avec une poigne de fer qui avait dû lui être utile dans son passé de boxeur. Il n’avait pas besoin de ça pour ce faire respecter. C’était une forte personnalité qui à ma connaissance n’a eu aucun problème avec les enfants (et leurs parents) du quartier. Il ne faisait aucune différence entre ceux qui avaient été élevés à coups de faucille et de marteau, baignés dans l’eau bénite ou bercés par des chants qui n’étaient pas trés catholiques. Nous étions tous pareils à ses yeux. 

labbé génaud 02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur les deux zoommages ci dessous, j'ai noté quelques noms. Pas tous. J'en ai recconu pas mal qui n'étaient pas Floiracais. Des Cenonnais et des Bastidiens qui faisaient partie de la paroisse. Si vous vous vous reconnaisez ou si vous avez identifié un proche, n'hésitez à le nommer dans la case commentaire. Elle  est faite pour ça.        

communions 01 noms 1958     

communions noms photo 2 1958

 

 

 

 

extrait de Mémoire de jours Tome 1 (1947-1961)

Le jeudi, car c’est le jeudi qu’il n’y a pas classe, la plupart des enfants sont livrés à eux même. Du moins ceux qui ne vont pas au catéchisme, enseignement religieux destiné aux grands de neuf à douze ans qui se préparent à la communion solennelle. Les cours sont donnés dans un local annexe à la chapelle sainte Thérèse pour les garçons et au couvent de Gambetta pour les filles. Je ne sais rien pour les filles mais pour les garçons ce sont les abbés du petit séminaire de Belsito qui dispensent les cours. Ce sont d’ailleurs ces mêmes apprentis curés qui l’après-midi s’occupent des enfants du quartier organisant bénévolement une garderie ludique ou l’on pratique jeux et randonnées sans distinction d’âge et de culture. Une journée généralement bien remplie qui se termine par uneséance de projection d’images fixes en noir et blanc d’aventures de Tintin. C’est cinq francs l’entrée. Une somme symbolique infime pour certaines familles mais énorme pour la plupart d’entre nous. Les curés qui gèrent cette séance ferment les yeux sur la resquille massive des enfants du quartier. Il est vrai qu’ils ne peuvent pas tout faire puisque en plus d’actionner manuellement le projecteur de diapos ils lisent interprètent et commentent à haute voix les bulles et les dessins qui figent sur l’écran un aventureux personnage de bande dessinée qui à l’époque n’a pas encore marché sur la lune et encore moins voyagé au pays des picaros. De ces apprentis curés qui se sont succédés par équipes de deux dans les paroisses de la région pour enseigner la bonne parole et le goût de la marche à pied je n’en retiens qu’un seul : «  l’abbé Mirande ». Ce jeune abbé s’est trimballé sur le dos depuis la Burthe jusqu’à chez nous mon frère Patrick qui avait perdu sa chaussure. Un exploit qui avait bluffé les jeunes du quartier même si à cinq ans mon frère ne pesait pas plus lourd qu’un sac à dos.

 

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