benauge 02 sépia Sans titre (2)

Le photographe qui a figé cette scène de la belle époque aurait pu postdater le cliché dans les années soixante, si la tenue vestimentaire des passants n’était pas aussi marquée par l’époque. A première vue rien n’aurait changé si ce n’est quelques détails que ma mémoire (et celle du quartier) n’ont pas manqué de relever. La barrière de la Benauge n’était pas automatisée. Il est vrai que les attelages hippomobiles et les rares véhicules à moteurs du secteur ne justifiaient pas un tel investissement. C’était pépère et manuel. L’employé qui à cette époque n’était pas SNCF mais du Midi fermait les barrières à la force des bras et attendait le passage du dernier wagon pour les rouvrir à la circulation. Revenons à la photo du jour (mais pas de l’année et encore moins du siècle) où l’on peut imaginer, coté Floirac, le changement d’annonceur sur le mur de cet immeuble, qui dans les années soixante, abritait un magasin de vêtements qui s’efforçait d’importer la mode Bordelaise. En face, à l’emplacement du cabanon, un kiosque à journaux nous faisait rêver en exposant les couvertures des derniers Blek le Roc, Tartine Mariol, Bibi Fricottin ou Pim Pam Poum. L’été, quand on avait quelques nouveaux francs en poche, on ne pouvait éviter la marchande de glace, toujours impeccable de blancheur et de gentillesse, qui nous régalait de ses cornets aux parfums colorés.