ce1 la souys, novembre 1953 sépia

Changement de classe d’école et de trajet. Nous faisions quatre fois par jour les 1,7 km qui nous séparaient de la Souys. La plupart d’entre nous avaient les Mères à la maison et il était impensable de déjeuner à la cantine. Avec les copains du quartier nous partagions en équipe cette odyssée d’une demi-heure minimum, avec un raccourci à la belle saison. On pouvait alors couper par le pré du bout (ou Molinero) inondé 7 mois sur douze. Avec l’entrainement que nous avons subi lorsque nous étions gamins, vous comprenez mieux pourquoi les cinq kilomètres de marche (je ne peux plus courir à cause de mes lombaires) que j'effectue quasi quotidiennement, sont de la gnognote.

 

Novembre 1954 CE1 école de La Souys

classe de madame Delmas

Busquets, Manchado, Roussari, Fernandez, Théas, x, Lassansa, Del Cerro, Del Cerro

X, Barbe, x, Lozano, Tauzin, x, Boyer(René) x, Pandelé

X, Charles, Peres, Poirier, Delpuech, x, Gros, x,

Carette, Guillou, Ruaud, Castel (Albert), Saez, X, Roland Cantet, Dupeyron, Passérieu

 

 

  

montage classe lait 1954

 

extrait de Mémoire de jours Tome 1 (1947-1961)

 

Le lait de Mendes France 

   

A part Alain Delpuech (second du classement du premier mois), tous les gamins venus de Marcel Sembat sont complètement largués. Il est vrai que le cours préparatoire nous a préparé à rien. Un rien appris de l’artiste peintre qui effectuait le remplacement du maître titulaire. Mon goût du dessin vient peut-être de lui. Va savoir Edouard ! Edouard ce n’est pas son nom. Son nom je l’ai oublié même si je me souviens parfaitement de sa classe. Une classe où le chant et le coloriage faisaient l’essentiel du programme. Pour la lecture on repassera. C’est ce que nous faisons en fond de classe que certains d’entre nous rejoignent en cours de mois pour cause de vendanges. Des vendanges qui ont besoin de main d’œuvre même si ce sont des petites mains. Ce n’est pas le cas de madame Delmas qui balance des tartes en veux-tu en voilà pour nous faire rattraper des leçons que nous n’avions jamais apprises. Heureusement que j’assimile vite. Je ne parle pas des gifles mais de l’enseignement. Un enseignement interrompu quotidiennement par un cérémonial immuable : « la coupure lait ». Le lait de Mendes France. Une petite bouteille à consommer sur place. Une place dans l’estomac qu’il est inutile de faire tant il est vide en milieu d’après-midi. Je glougloute avec délice cette boisson naturellement énergétique imposée par le gouvernement pour pallier aux déficiences et carences alimentaires des enfants de l’après-guerre.