4 eme novembre 1960 (2)

Sur cette photo de novembre 1960 que m’a confiée mon ami de toujours, Alain Delpuech, deux classes de 4éme se mélangent pour poser pour la postérité. Deux classes qui n’en formaient qu’une lors des grandioses cours communs, dont celui de Morale, que nous dispensait pour sa dernière année d’activité Monsieur Rousset, l’emblématique directeur de l’école de « La Souys ». L’année suivante, Monsieur Dibos prenait le relais pour diriger cette institution qui débordait du cadre Floiracais. A cette époque le collège d’enseignement général grouillait d’enfants de « Léo et Lébas de Garonne » et d’ailleurs. Cenon, La Bastide, Bordeaux (un élève domicilié à la cité lumineuse de Bacalan prenait deux bus, le 1 et le 6, pour venir en classe) Cambes, Boulliac et autres communes de l’entre deux mers envoyaient leurs ressortissants sur les bancs de notre école communale qui devenait régionale, voir même internationale au vu de la carrière de certains de ses élèves.

  

novembre 1960 4eme regroupée

x, Garde, Charles, Dupeyron, x, x, x, Simounet, x, x, Lassansa, Vigouroux, x, Cantaloube, x,

x, Petitcolin, x, Georget, x, x, Arthus, x, Ralite, Esquerre, Besse, Busquets, x, Desclaux, x,

x, x, Berger, x, Alessandrain, x, x, Villéna, Axel Carreau

Watine, Casse, Delpuech, Gros

 

J'ai pu identifier avec certitude mes amis d'enfance mais je doute pour l'ortographe de certains et des noms de quelques autres. Je lance un appel à tous, (et pourquoi pas à toutes ?) pour compléter et corriger ce grand cru qui m'a profondément marqué. 

  

1960 calendrier montage 

extrait de Mémoire de jours Tome 1 (1947-1961)

 

La rupture

Je change de classe sans problème. Je passe de la cinquième à la quatrième comme c’est prévu dans mon cursus relativement bon. Les classes se forment après l’appel du directeur qui égrène les affectations des uns et des autres. Nous sommes toute une bande du même quartier à cohabiter dans la même classe depuis la maternelle. Il n’y a aucune raison que ça change. Et pourtant ça change. Alain berger, René Boyer, Guy Busquets et Guy Casse sont séparés arbitrairement de leurs copains d’enfance pour venir renforcer et équilibrer une nouvelle classe formée avec des élèves venus du certificat d’études ou d’ailleurs. Ce sont des grands de quinze ans et plus qui ne sont pas passés par la cinquième et la sixième et à qui on donne une chance d’intégrer le collège. C’est nouveau. Une nouveauté qui fait des dégâts irrémédiables au sein d’un groupe d’amis aussi surpris qu’abasourdis. Comment s’est opérée la sélection ? Certains pensent que c’est notre physique qui a prévalu. Nous sommes les plus grands en taille et ne dépareillons pas de l’ensemble des élèves de la 4°B. Cet avantage ou désavantage nous fond dans la masse de ces grands de quinze à dix-sept ans. A bien regarder et avec le recul des années je me demande si le choix ne s’est pas fait alphabétiquement. Berger, Boyer Busquets, Casse se suivent depuis toujours dans la liste d’appel. C’est un critère aussi plausible que la toise. Peu importe la méthode du choix, ça ne change rien. Je dois m’adapter à une nouvelle donne. Une mauvaise donne quoi qu’il en soit. Même si la classe est plus faible le jeu ne vaut plus la chandelle. Je suis cassé moralement. Brisé. Déchiré. Une rupture douloureuse qui chamboule mes habitudes et influe fortement sur mon avenir scolaire et professionnel.

 

 

 pour en savoir plus sur "mémoire de jours"  http://auteurgbusquets.canalblog.com/archives/memoire_de_jours/index.html