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Dans la deuxième partie du XXème siècle, à l’amorce de la côte des 4 pavillons, et dès les premiers coups de pédales, on pouvait apercevoir un petit magasin de vente et de réparations de cycles à l’enseigne: «Au petit tour de France ». C’était là qu’André Bramard s’était installé dans les années d’après-guerre pour partager sa passion de la petite reine avec les mordus et les néophytes qui ne manquaient  pas de se faire conseiller pour des réglages techniques ou l’acquisition de matériel. C’était un véritable plaisir de dialoguer d’échanger avec cette figure incontournable du paysage sportif Cenonnais. Un grand monsieu,r non pas par la taille (il mesurait 1,65) mais par son grand cœur et sa ténacité. 

 

bramard

Son courage hors du commun et sa farouche détermination lui ont permis de rivaliser avec les grands noms de son époque. C'était un rouleur pugnace que raillaient certains de ses adversaires: « Ce Bramard, il roule peut-être fort, mais on le bat au sprint comme à la parade ! ». C’était vrai, mais pour ce faire, fallait-il encore être capable de tenir la roue d’André jusqu’au bout. En fin de course très peu pouvaient le faire. Sa carrière cycliste s’étala de 1931 à 1952. Les sommets en sont ses deux titres de Champion de France sur route par sociétés, obtenus avec ses copains de l’A.S.P.T.T. de Bordeaux en 1946 et 1947. L’autre point d’orgue de sa vie de coureur reste sa victoire, obtenue dans la ronde de l’Armagnac 1946, disputée en trois étapes, où dans la dernière étape il renversait la situation en sa faveur, s’imposant devant un lot de vedettes confirmées tels : Vietto, Camellini, A. Lazarides, Fachleitner etc…

 

 

 

 

André Bramard a disputé plusieurs tours dont celui de 1937 remporté par Roger Lapébie.

      

   1937-06-29 - Miroir des Sports - N° 950 - 06    1937-06-29 - Miroir des Sports - N° 950 - 08C 

 

   1937-07-20 - Miroir des Sports - N° 958 - 11    1937-07-20 - Miroir des Sports - N° 958 - 06

 

Sa participation au tour de France 1939 s’est soldée par un abandon.  Il était à court de forme. André Bramard n’avait pas pu obtenir de l’armée une permission pour se préparer.  Il aimait d’ailleurs raconter cette période sombre avec un brin de regret mais sans amertume.

« Ce Tour fut pour moi une vraie galère, j’étais militaire depuis octobre 1936. Je fus sélectionné dans la catégorie des individuels, je devais me débrouiller seul pour tout sans aucune assistance de rien. Ce n’est que la veille du départ à 17h00 que j’ai obtenu une permission spéciale de l’armée, comme préparation il devait y avoir mieux. J’ai pris le départ de ce Tour avec 20 jours de course dans les jambes. Les premières étapes furent pénibles. Au fil des jours ma condition est allée en s’améliorant à un point tel qu’au départ de la grande étape alpestre Grenoble-Briançon j’étais remonté au 42ème rang du général. La veille nous avions connu une journée épouvantable, dans la descente du Galibier, le froid était intense avec une pluie glaciale s’abattant sur les coureurs. Victime d’une crevaison, j’ai mis un temps fou pour réparer, j’avais les doigts gelés, j’ai dû arracher mon boyau avec les dents !!… Le lendemain j’ai eu un genou qui a refusé tout service. Dès les premières bornes de la 9ème étape avec l’escalade de la difficile côte de Laffrey, souffrant atrocement j’ai mis pied à terre sur cet affreux chemin de terre. Pleurant de douleur autant que de déception, j’ai achevé l’étape dans la voiture de Francis Pélissier.»