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Une quarantaine d’années séparent ces deux photos qui extérieurement se ressemblent à quelques détails prés. Le contenu par contre a bien changé. La clientèle n’est plus la même. Le quartier a subi une transformation bétonnée qui a chamboulée le paysage environnant et renouvelé la population locale. La cave du siècle dernier s’est adaptée à ces nouvelles données. Aujourd’hui c’est une Brasserie qui s’affiche sous l’appellation « Chez Carmen » dont je conserve le souvenir de sa gentillesse et de sa patience. Il lui en fallait pour gérer les habitués des années 60/70 qui prolongeaient les parties de belote au-delà de la nuit. Mais « La Caille » comme on l’appelait à l’époque n’était pas qu’un débit de boisson où l’on tapait le carton, c’était un lieu de rencontre et d’échange, le cœur d’un quartier populaire qui battait au rythme du foot de la pétanque et du tour de France. C’était le siège social de l’amitié et de la convivialité.  

 

extrait de "mémoire de jours "  tome 1 (1947-1961)

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Fin Aout 1960, les grandes vacances scolaires se rapprochent de la fin. Nous attaquons nos dernières semaines de liberté et de jeux.Des jeux où pour l’instant nous ne sommes que spectateurs. Un spectacle inédit que nous suivons dans le bistrot du quartier, rare possesseur d’un poste de télé. C’est dans la salle enfumée du bar de « la caille » que nous vibrons et nous enthousiasmons aux exploits des participants aux épreuves olympiques qui se déroulent à Rome. C’est un événement planétaire qui pour la première fois touche un immense public à travers sa retransmission télévisée. C’est ça le vrai événement, voir et découvrir des disciplines nouvelles et des champions hors normes tels qu’Ono et Shakhlin en gymnastique ou Crook le puncheur américain. Par la grâce de son petit écran fixé au fond de son arrière salle « La Caille » n’est plus un débit de boisson mais un palais des sports grouillant de passion. A l’heure des retransmissions, qui généralement ont lieu les après-midi, grands et petits s’entassent  dans l’établissement pour vibrer aux exploits sportifs. En cette fin d’été 1960 nous ne pensons, vivons et parlons que de cela. Rien ne pourrait me détourner de cet événement aussi grandiose qu’inoubliable. Les places, même si elles sont gratuites, sont chères. Il faut être dans les premiers arrivants pour profiter d’une chaise. Ceux qui n’ont pas cette chance, suivent les compétitions debout ou assis par terre pistant du coin de l’œil l’improbable départ d’un privilégié pour bondir sur son siège.

 

 Carmen

On peut voir sur cette photo de Christophe Dabitch du journal Sud Ouest, Carmen entourée d'habitués et de fidèles. Au premier plan on peut reconnaître à sa droite Denis Caboblanco et à sa guche Peres de profil. Au second plan on n'a aucun mal à identifier Douence Roulière et Ciccito. Derrière c'est plus flou.  

          CARMEN

Cette photo extraite d'une coupure de presse froissée et délavée nous a été communiquée par un abonné du blog qui a fréquenté cet établissement dans sa jeunesse. Une chiffonnade de papier que nous avons repassé tant bien que mal et qui s’intitule « Rendez-vous chez Carmen ». On ne peut pas dater avec précision cet article qui relate de vérité l’ambiance des années quatre-vingt, mais on peut néanmoins lire dans la rubrique « documents, articles et archives » l'intégralité du texte de Christophe Dabitch dont voici les premières lignes.

« Qu’il soit appelé « la caille », « chez Carmen » ou encore «bar cave Rossi », ce bar est une véritable institution floiracaise. Depuis les années 30, la même famille le tient et s’y succèdent pères, fils et filles. Ce bar est le point d’ancrage du quartier Jean Jaurès. Quand il a ouvert, il y avait encore des marécages autour et les espagnols affluaient depuis la première guerre mondiale. D’abord pour le travail dans les carrières puis en 1936 en tant que réfugiés politiques. A tel point que ce quartier était surnommé le Petit Madrid »

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