les enfants de Léo et de Lébas de Garonne

16 avril 2018

féminines

  

À Floirac les filles n’ont pas attendu le vingt et unième siècle et sa journée de la femme pour s’affirmer sur les terrains de foot ou dans les vestiaires. Beaucoup d’entre vous découvrent leur mère, leur tante, voire leurs grands-mères en short ou en maillot, défendant les couleurs d’une équipe de copines et de sœurs avant de défendre le féminisme. Cette équipe de filles était un pied-de-nez aux garçons avec qui il n’y avait pas de rivalité mais de la complicité. Elles étaient nos plus ferventes supportrices. 

 

équipe féminine floirac

 

 

sur cette photo de 1982 on peut identifier 

 

En haut en partant de la gauche

Mme Perez en orange à côté Mme Galan Andrée, X, Mme Bravo Françoise, X,

Mme Napolitano Marielle, X, Mme Maestro Vive 

 

En bas en partant de la droite 

Mme Napolitano Jacqueline, Mme Napolitano Marie–France, X, Mme Pio,

Mme Douence et Mme Nieto. 

 

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09 avril 2018

marécages et béton

 

marécages et bourbiers rive droite 02

On a du mal à imaginer dans quel bourbier marécageux pataugeaient les habitants de la rive de la droite avant la construction du pont de pierre, trait d’union entre les deux rives, initié par Napoléon 1er. Une union douloureuse qui sera consommée sous le second empire avec l’annexion de la Bastide par la ville de Bordeaux. A cette époque l’arrivée du chemin de fer avait provoqué  l’implantation d’entreprisses sur ces terres du bas qui jusque-là n’étaient pas très praticables. C’étaient les hauts de Garonne qui faisaient vivre ces communes en contribuant à la réputation des Vignoles bordelais avant l’arrivée du phylloxera. Ça c’est une autre histoire de notre histoire sur laquelle nous reviendrons plus tard. Pour l’instant ce sont les terres inondables qui nous intéressent. Un intérêt partagé. Un partage douloureux. Une amputation qui a laissé quelques traces dans les souvenirs des plus anciens. Des étangs, des patinoires l’hiver, des prés inondés et des rivières saturées que nos parents et nos grands-parents nettoyaient sans DDE. Une corvée inévitable et solidaire pour le bien-être de tous. A chaque riverain incombait sa portion de fossé à cureter.

 

 

chantier du pré de Pinçon montage 02

Dans la seconde partie du XX° siècle les palus ont été assainis et les rivières busées pour faciliter l’implantation de constructions bétonnées sur ces terres  marécageuses qui n’existent plus et sur lesquelles vous habitez peut-être sans le savoir. Si c’est le cas, je tiens à vous rassurer sur la solidité de l’ancrage des bâtiments. Le martellement incessant des interminables pieux que l’on enfonçait mécaniquement, résonne encore dans ma tête cinquante après. C’était du costaud.

 

montage immeubles bastide floirac

Costauds mais dépassés. Les immeubles des années soixante ne sont plus dans les normes du toujours plus de confort. Ces appartements qui faisaient rêver nos parents et grands-parents qui vivaient sans douches, sans wc intérieur, voire même sans eau courante, sont désormais voués au recyclage ou à la destruction. De nombreux programmes de réhabilitation remettent  au gout du jour (et du siècle) des cités et des immeubles d’une rive droite qui subit actuellement son énième grand chamboulement. Après le pont de pierre et le chemin de fer, c’est au tour du tramway de transformer sa physionomie et de changer le quotidien de ses habitants.

 

pour en savoir plus sur la réhabilitation de la rive droite 

https://www.surlarivedroite.fr/les-actions/dev-urbain-social/renovation-urbaine-2014-2024/

 

 

 

04 avril 2018

SAB cadets 1965/66

 

 

cadets 1965 66 sépia

On peut voir debout à gauche Monsieur Perez entraineur et père de José le gardien de but. A son coté, Alain Vidorreta en tenue de ville, comme son Frère Serge en bout de rangée. Dans les joueurs en tenue de foot, on peut identifier de gauche à droite.

Debout: Claude Napolitano(1) Jourdan(2) Lafon(3) Rémito(6)

Accroupis: Capa(3) José Perez(4) Leiza ??(6)

Pour les joueurs non identifiés j’espère que vous allez vous précipiter sur les claviers et les tablettes pour compléter nominativement cette belle équipe des cadets du SAB Floirac qui a brillée au cours de la saison 1965/1966.

 

 

65 66 retouchées

On prend les mêmes avec une variante de joueurs (Serge Vidorreta n’est plus en civil mais en tenue) et on les aligne quelques mois plus tard avec le même Brio pour défendre les couleurs floiracaises qui ne sont pas sépia et blanc comme pourraient le laisser penser ces photos, mais Rouge et Blanc. Pour ceux qui chercheraient à identifier Brio sur la photo, je leur signale que Brio est en filigrane sur toutes les photos du SAB et du CMF. C’est la marque indélébile des enfants du quartier.

 

Debout : Rémito(2) Claude Napolitano(3) Lafon(5) Duhart (6)

Accroupis : Serge Vidorreta(2), José Perez(3) Capa(4)

 

 

 

 

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01 avril 2018

poisson d'avril

 

alose sépia

 

 

Cette année la pêche à l’alose ne sera pas autorisée. Peu importe  si c’est vrai ou faux, on trouvera quand même dans quelques étals de poissonniers ce poisson rare, qui autrefois était courant. Je n’étais pas pêcheur mais j’étais gourmet (voir même gourmand dans ma jeunesse) et il me suffisait de remonter en amont le quai de la Souys pour m’approvisionner en aloses et les déguster dans la foulée. Certes Il fallait de l’oseille, mais uniquement pour la cuisiner. Les prix étaient abordables et les poissons à profusion.

 

 

 

 

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26 mars 2018

la passerelle

 

 

passerelle vue coté Bastide (2)

C’était seulement quand nous passions en vélo ou en patins à roulettes, que nous prêtions attention aux pavés du bout du chemin de la Sauve. Le tressautement inévitable de cette portion non goudronnée nous rappelait le changement de commune. Nous étions dans Bordeaux. Du moins sur les cartes, car dans nos esprits la passerelle était bel et bien Floiracoise. Avant 1965 et la mise en service du pont Saint-Jean, c’était le trajet le plus court pour accéder à la rive gauche du quartier de la gare et de la commune de Bègles dont les usines et les ateliers employaient bon nombreux de résidents du quartier Jean Jaurès (Cenon-Floirac). Ce n’était pas par méconnaissance qu’on intégrait les pavés Bastidiens de la rue Marcel Sembat dans la cartographie Floiracaise, mais en connaissance de cause. Une cause qui n’était ni nationaliste, ni revendicative, mais pratique. Comme beaucoup d’enfants du quartier, l’annexion* de cette bande de territoire de trois cents mètres de large sur la rive Floiracaise de la Garonne n’avait aucune incidence sur notre vie quotidienne. Les Bastidiens de la Souys et de la Benauge, les Cenonnais et les Floiracais du bas, fréquentaient les mêmes écoles, les mêmes terrains de foot, la même église.

* Le 1er janvier 1865, l’annexion par la ville de Bordeaux de la moitié du territoire de Cenon ainsi qu’une partie de Floirac et de Lormont a donné naissance à un nouveau quartier dénommé Bordeaux-bastide.

 

passerelle du pont sncf 04

Le pont métallique qui enjambe la Garonne entre La Bastide et Bordeaux Saint Jean a été réalisé entre 1858 et 1860, avec la collaboration de Gustave Eiffel. Il reliait les chemins de Fer d'Orléans et du Midi. Une passerelle pour piétons a été ajoutée 1863 facilitant le passage entre les deux rives. Dans les années cinquante la circulation sur ce passage étroit au plancher vétuste et bringuebalant, bouchonnait aux heures d’embauches et de débauches. Les mobylettes et les vélos qui avaient du mal à se croiser, rasaient les piétons et parfois les accrochaient. Il était temps de mettre en œuvre la construction du pont saint jean qui sera inauguré en 1965, tremblant de joie (ou d’inquiétude) sous les pas d’un madison rythmé. J’avais 17 ans et j’étais dans la foule qui avait fait vibrer le nouveau pont.

 

 

gare de la passerelle sépia

La gare de Bordeaux-Passerelle qui était située sur le quai de La Souys, au pied de la Passerelle Effeil avait été mise en service le 15 mai 1873 par la Compagnie du Chemin de fer de Bordeaux, permettait d'acceder à une petite gare maritime. Établie à la limite des anciennes frontières de Cenon et de Floirac d’avant l’annexion de 1865, la gare de la passerelle, qui était le terminus de la ligne de La Sauve, desservait également le tramway de Bordeaux-Cadillac qui circulait sur les quais.

La gare qui appartenait à la compagnie du Chemin de fer de Bordeaux-La Sauve, était la gare d’origine de la ligne Monrepos, dont un embranchement la raccordait à la ligne du Midi.

Cédée à l’état en 1878, elle fut ensuite reprise à la compagnie de chemins de fer d’Orléans qui transfère le terminus sur sa gare de la ligne Bordeaux-Paris.

L’ancienne gare de la Passerelle, après avoir perdu son trafic passager, s’est consacrée entièrement au trafic des marchandises jusqu'à sa fermeture en 1960. 

usine de la passerelle sépia 01

la conserverie "L.Weisz et Cie" implantée dans la portion bordelaise de l’ancien chemin de La Sauve, rebaptisée rue Marcel Marcel Sembat, possédait comme beaucoup d’entreprises du secteur, un embranchement qui la reliait directement à la gare de la passerelle.

 

   

 

passerelle sépia tronçon 05 (4) 

 pour en savoir plus sur le pont de chemin de fer Gustave Effeil

https://fr.wikipedia.org/wiki/Passerelle_Eiffel

https://www.33-bordeaux.com/passerelle-eiffel.htm

 https://fullartcontent.wordpress.com/2013/07/11/la-passerelle-eiffel/

 

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19 mars 2018

classe de 6 éme Louis pasteur 1958/59

 

 

 

Anglais 6eme

La majorité des élèves du CM2 de Monsieur Douence que l’on appelait alors le cours supérieur, a eu un accès direct au collège d’enseignement général par le cumul des notes de l’année scolaire. Quelques-uns ont eu recours à l’examen d’entrée  en 6eme alors que d’autres ont rejoint la classe du certificat d’études de Bardineau pour préparer cet examen qui ouvrait les portes à un apprentissage. C’était un grand cham-boulement. Un changement d’habitudes et d’enseignants. Un prof par matière. Des horaires qui cassaient la routine. Des matières nouvelles, dont l’anglais, que je me faisais une joie d’apprendre. Une joie de courte durée. Ce n’était pas le ricain sous-titré des dessins animés et des westerns en versions originales, mais une langue imprononçable pour le latin que j’étais. J’aurais été plus à l’aise en Espagnol ou en Italien, mais Monsieur Boyer le gentleman aux allures british n’aurait pas été d’accord. Monsieur Rousset non plus. C’était le directeur de l’école des garçons. Un vieux de la vielle qui vivait ses dernières années à la tête de cet établissement de pierre et d’ardoise, agrandi de préfabriqués, qui hébergeait en vrac, les maternelles les primaires et les collégiens. Deux ans plus tard il quittait Floirac pour profiter d’une retraite bien méritée avec son épouse qu’on surnommait Minette et qui s’efforçait de nous inculquer le français et le solfège pour sa dernière année d‘enseignante. Heureusement pour nous, il avait aussi des jeunes. Duprat en Mathématique, et surtout Robert en éducation physique qui avait  pris la classe et l’école en marche ce qui nous avait contraint à passer les deux premiers mois à remplacer les heures de sport par des heures d’études.

 

  

6eme 1958 sépia

 Rangée du fond.

Guy Busquets, Dupeyron, Bertrannet, Gros, Salabert, Lassansa, X, X, X, Garde

Rangée du Milieu

X, X, X, Jean Michel Charles, Gerard Roussarie, Besse, X,X ,Bernard Simounet, Passerieux, Guy Casse

Première rangée.

Maurice Villena, Pointet, Marmiesse, Saez, Jean Pierre Rey, Alain Delpuech, Gilbert Carette, X,

Alain Berger, X 

 

 

 

16 mars 2018

fratries du foot

 

A Floirac, en foot,  il y avait pas mal de fratries. Outre celle des Napolitano dont un seul figure sur cette photo, il y avait celle des Garcia (trois joueurs) et celle des Caboblanco (deux joueurs). Ça laissait quand même la place à d’autres joueurs (9 avec les remplaçants) dont pour certains j’ai échappé les noms et que j’ai mentionnés sous X. Rien à voir avec leur naissance, c’est seulement par ignorance que n’ai pas pu les citer. Vous pouvez retrouver les noms manquants en vous rendant "chez la Caille" qui maintenant s’appelle "chez Carmen*" et questionner Péres dit Biquet (José Perez le gardien de but n’était pas son frère mais est devenu son neveu par alliance). D’ailleurs sur ce cliché, il avait un autre lien footbalistico-familial. Claude Napolitano et Francis Garcia qui ne figure pas sur cette photo mais sur celle du bas, étaient beaux-frères par leurs épouses.  

équipe foot sab cmf

Debout de gauche à droite  

Claude Napolitano, Peres (dit  Biquet), José Perez,

Jean pierre Garcia (dit Vedette) Gerard Luri,Jean pierre Dautant, José Garcia (dit Fan)

Accroupis de gauche à droite 

Luis Garcia (dit Ciccito), X,  Escobar, Claude Caboblanco, Denis Caboblanco, Alain rougier, et Saphore.

 

Revenons sur la photo du haut, qui au vu de la mixité d’âge et de la qualité des joueurs devait représenter l’équipe première de l’époque. Une époque dont le look et les visages donne une fourchette entre les années 70 et 80. Comme je l’ai mentionné plus haut, en vous rendant chez Carmen, ce que je ne peux pas faire personnellement pour des raisons géographiques, vous obtiendrez à coup sûr, tous les renseignements sur ces joueurs dont certains doivent encore trainer dans ce bar familial à l’heure de l’apéritif ou de la verveine vu leur âge avancé.

  

SAB et CMF c'est du pareil au même, c'est toujours Floirac.

fatries du foot 07 sépia

debout en partant de la gauche 4eme joueur Michel  NAPOLITANO dit TITOU

accroupis en partant de la gauche 1er joueur Claude NAPOLITANO, 3eme joueur Francis GALAN

 

 

 

 *Pour en savoir plus sur Chez Carmen voir l'article sur la caille du 25 septembre 2017 ou cliquer:  

http://memoirequartier.canalblog.com/archives/2017/06/02/35669600.html

 

 

 

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12 mars 2018

André Napolitano

 

 

andré napolitano portrait

Dans les années cinquante, j’aimais trainer du côté du comptoir de la caille* où les anciens refaisaient le monde du foot. André Napolitano dit Cannelle, était une encyclopédie vivante en matière de foot et plus particulièrement sur le foot italien. J’étais trop jeune pour tout comprendre des tactiques et des verrous défensifs qu’on appelait alors caténaccio, mais j’étais déjà curieux et passionné d’anecdotes et d’histoires. Grace à sa verve et à ses explications enflammées, je connaissais tout des Sivori, Rivera et autres stars de la Squadra Azura qui brillaient sur des terrains dont nous n’avions accès qu’en imagination.

 

On l’appelait Cannelle, mais ça n’avait rien à voir avec la chanson d’Antoine. C’était bien avant que ce chanteur aux cheveux longs et aux chemises fleuries n’actualise cette épice. C’était à une époque où la passion enflammait les langues sans modération. Des échanges et des contradictions. Des altercations et des coups de gueules passionnés. Passion du jeu et du beau geste. Passion du sport en général et du foot en particulier.

Il n’est pas surprenant alors, que ses enfants soient tombés dans la marmite du foot, et notamment Claude, le leader de la fratrie qui prolongea sa carrière de footeux par la prise en main (et surtout les pieds) de l’équipe de Cenon. 

fatries du foot 01 Napolitano

Debout : Luis GARCIA, José Garcia, Jean claude Baudoin,  Francis GALAN, (gardien X) Jean pierre GARCIA

Accroupis : MORIAL dit Coco, Bernard NAPOLITANO, Claude CABOBLANCO, Claude NAPOLITANO, X,

Michel  NAPOLITANO dit Titou.

  

  

napolitano histoire 01 sépia (4)

On peut voir sur cette vieille photo sépia, qui date vraisemblablement de la fin des années quarante, Eugéne Napolitano, le père d’André (dit cannelle) et de Georges (dit Yoye) arborant fièrement une épaisse moustache et une bouteille de vin qui pouvait provenir de " La Caille " ou d’Italie.

 *pour en savoir plus sur "la Caille" cliquez sur  http://memoirequartier.canalblog.com/archives/2017/09/12/35669652.html

 

 

 

05 mars 2018

entre Bacalan et Niel

  

papa bataille de lerida bleu

Mon père était un réfugié de 1939, qui comme la plupart des émigrés du quartier a combattu le Franquisme jusqu’au bout de la guerre. Je n’ai pas l’intention de refaire l’histoire,  je veux seulement rendre un hommage à tous ces parents dont on ignore le passé. Cicatrices,secrets, douleurs ou pudeur, peu importe les raisons, nous connaissons mal nos parents, tout comme nos enfants ignorent nos vies antérieures. Quelques photos et bribes de phrases interceptées, dévoilent en partie une facette inconnue que nous découvrons par hasard ou par une volonté délibérée de savoir. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, mais ce que je sais, c’est que personnellement j’anticipe cette envie de connaissance en laissant derrière moi quelques écrits et photos. C’est d’ailleurs à partir de photos sauvées et de quelques pages d’un cahier d’écolier remplies par ma mère que je peux reconstituer ses premières années en France. Je ne m’attarde pas sur les camps d’internement et de travail pour venir directement à la raison de sa venue à Bordeaux. La raison du plus fort. Celle de l’occupant Allemand qui avait besoin de main-d’œuvre pour la construction de leur base sous-marine. 

 

base sous marine bleue

Les républicains espagnols constituaient un opportun vivier qu’ils s’empressèrent d’utiliser et donc d’héberger. Des dortoirs improvisés dont celui de la caserne Niel accueillaient ces travailleurs forcés qui ne résidaient pas sur leur lieu de travail et qui posaient problème. Un problème de distance, donc d’évasion. Pour limiter ces risques, les transports étaient groupés et encadrés, voir même écourtés. Au plus court pour rallier Bacalan depuis la Bastide (et vice-versa) c’était la navette fluviale spécialement affrétée pour les travailleurs espagnols qui n’étaient pas en mal de mer mais en mal de liberté.

  

montagne bacalan niel sépia

 Ramon Busquets torse nu place des Quinconces ....  sur le chantier de la base sous marine

traversée de la Garonne et assiette de soupe à la caserne Niel.  

caserne niel et républicains espagnols

La caserne Niel qui a été construite en 1876, pour abriter le 18 éme Escadron du train, était située sur la rive droite de la Garonne quai des Queyries. Après la défaite de 1940 ce bâtiment à vocation militaire a été naturellement investi par l’armée allemande qui s’y était installée pour surveiller les prisonniers espagnols chargés de construire la base sous-marine de Bacalan. Bon nombre de ces ouvriers forcés se font la belle lors du trajet à pied qu’ils effectuaient à  4 heures du matin pour rallier le chantier des bassins à flot. Des bagarres fictives, souvent après le passage du pont de pierre, favorisaient les évasions. Ce n’est donc pas pour leur confort que les autorités allemandes ont écourté leur temps de trajet par une traversée de la Garonne dans des embarcations surchargées. Il eut néanmoins des milliers d’évadés en gironde (2000 sur les 4000 internés à saint Médard) qui ont naturellement rejoint la résistance pour continuer à combattre le fascisme. C’est une autre histoire. Notre  histoire. La construction la base sous-marine de Bordeaux et ses conséquences directes dans lutte armée dans notre région et dans nos  quartiers, sont des sources inépuisables de petites et de grandes histoires que j’envisage d’éditer de temps à autre dans ce blog, pour les transmettre à nos enfants et petits-enfants.

Revenons à la caserne Niel qui à la fin de la guerre fut également un lieu de rencontre pour les Républicains Espagnols. Les quelques fêtes et bals populaires qui ont été organisés à la libération ont favorisé les unions avec des jeunes femmes de chez nous et plus particulièrement avec celles qui étaient d’origines espagnoles ou réfugiées de 1939.

 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA CASERNE NIEL.

 https://defigrandesecoles.lexpress.fr/bordeaux-2016/2016/12/26/un-lieu-une-histoire-1-la-caserne-niel/

http://caserneniel.org/histoires-de-la-bastide-niel-darwin/ 

 

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LA BASE SOUS MARINE  

http://www.paxaquitania.fr/2016/05/petite-histoire-des-bases-sous-marines.html

http://www.bordeaux-gazette.com/La-Republique-espagnole-a-l.html

https://coordination-caminar.org/blg/bacalan-ceremonie-a-la-base-sous-marine/

 

 

 

 

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26 février 2018

le loret

 

 

montage loret sépia (2)

Je ne garde pas un souvenir impérissable de cette immense cour de récréation surveillée par des grands ados, qui pour nous à Floirac, étaient plus connus pour leurs qualités footballistiques (voir mémoire de quartier du 20 juin*) que pour leurs aptitudes pédagogiques. Peu importe l’encadrement, c’était le contenu qui me posait problème. Un problème de liberté. La liberté de nos journées d’été désorganisées et improvisées. Personne ne m’avait obligé à fréquenter le Loret, mais la tchatche et le bien vendu de copains qui le fréquentaient, m’ont poussé à faire le forcing auprès de ma mère qui a fini par céder. Il est vrai, que même si le coût des tickets journaliers, que j’allais chercher le samedi à la mairie étaient dérisoires, la multiplication par trois enfants et par 5 jours pleins par semaine, faisait au bout du compte une somme conséquente pour les petits salaires du quartier. C’était néanmoins le prix, à payer pour rejoindre nos amis qui nous attendaient place Hilaire Saura pour l’embarquement journalier dans les archaïques cars Ribet qu’il fallait presque pousser pour franchir la cote de l’Empereur.

 

montage loret sépia (3)

 

Je n’ai passé qu’un été dans ce site Bordelais situé dans le haut Cenon qui acceuillait aussi tous les  les enfants des communes avoisinantes. Ni regrets ni nostalgie pour cet entracte estival où avec mes frangins nous découvrions la cantine obligatoire. On mangeait, sans se poser de questions. On jouait groupés par âges sous la houlette d’un moniteur plus ou moins désabusé. Le soir, après la distribution du "quatre heures" nous attendions interminablement et sagement, souvent assis par terre, l’arrivée du bus qui allait nous ramener à la maison. C’était la fin d’une journée sans surprise qui le lendemain reprenait son leitmotiv de torpeur et d’ennui comme un film "d’un jour sans fin"

*http://memoirequartier.canalblog.com/archives/2017/06/20/35401713.html


 

L’histoire du Loret (c’est-à-dire notre histoire) ne se limite pas au centre aéré des années cinquante, elle démarre bien plus tôt dans le temps. Un temps qui n’est pas suspendu, mais arrêté comme son propriétaire en 1941. Une grande figure du siècle précédent qui mérite un arrêt sur lui, autre que celui de la Gestapo. Sante Garibaldi , petit-fils de Giuseppe Garibaldi avait acquis le château du Loret en 1938, année de l’inauguration du stade municipal dont il avait participé à sa construction. Rappelons pour les amateurs de foot que cette année-là  ce fut l’Italie, son pays d’origine qui remporta le mondial. Une Italie mussolinienne qui ne convenait pas à ce personnage hors normes engagé dans la  légion étrangère lors de la première guerre mondiale et résistant antifasciste de la première heure dans la seconde.

téléchargement

 

Passé en zone libre après la réquisition de son entreprise, il est arrêté par les Allemands en 1943, emprisonné au fort du Ha, puis déporté à Buchenwald et Dachau avant d’être libéré le 24 avril 1945 (veille des accords de Yalta). Il décédera  le 4 juillet 1946 à Bordeaux Caudéran.  

 

 

Pour en savoir plus sur Sante Garibaldi qui est né à Rome en 1885 et décéda à bordeaux en 1946 cliquer sur 

https://prisons-cherche-midi-mauzac.com/des-hommes/sante-garibaldi-et-la-federation-garibaldienne-de-bergerac-en-1939-12147

https://www.wmaker.net/lesgaribaldiens/Sante-GARIBALDI_a49.html

  

chateau Loret sépia

Revenons  au Loret que sa fille Anita a divisé en vendant une partie du domaine à Monsieur Jaffrineau, industriel membre de la chambre de commerce et l’autre à Monsieur Babin Floriculteur qui en 1952 céda gratuitement quelques parcelles à la mairie de bordeaux qui en fit le centre de loisirs et de plein air pour les petits Bordelais et leurs voisins, « les enfants de Léo et  de Lébas de Garonne ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

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