les enfants de Léo et de Lébas de Garonne

16 juillet 2018

les Floiracais à Paris (6 et 7 mai 1961)

 

Le président tenait à récompenser le noyau de joueurs qui les avait emmenés en finale sans pour autant exclure les renforts du dernier match. Aux 13 titulaires qui ont joué les rencontres éliminatoires et remporté la coupe Thiery, se sont officieusement ajoutés, Passet et Revenu (qu'on appelait déjà Papi), deux jeunes et talentueux renforts. Des cadets surclassés qui n’ont remporté qu’une des deux coupes, celle qui récompensait les vainqueurs. Ils n’ont pas eu droit à la coupe impeccable du costume Thiery qui habillait l’équipe. Une coupe et un coloris classique. Du bleu qui valorisait les cravates rouges et blanches aux couleurs Floiracaises.

C’est dans cette tenue classe et avec Mr PICOT (Directeur des établissements  Thiery) que SINSOU.P/ MANCHADO/ BALANDIN/ TAPAS/ PERALES/ DUBOURG/ GLENAT/ MOESSARD/RAYMOND/ ESTEVES/ LARRIEU/ SINSOU.R/ REDIN/ CASTAGNET embarquèrent à Bordeaux Saint Jean pour un périple inoubliable. Les jeunes Passé et Revenu (allias Papi) ne sont pas sur la photo officièlle mais étaient du voyage. 

départ Paris sépia 1961Avec le Drapeau, qui n’était pas un fanion mais un train, ils rallièrent Paris dans des conditions fort agréable. De la rapidité, du confort, du service. Un service gastronomique du midi qui régalait leurs papilles et leurs estomacs. Les cigares de fin de repas étaient pour les dirigeants. Les sportifs s’abstenaient. Ils avaient un match à disputer le lendemain contre les séniors de l’équipe corporative des établissements Thierry.

montage paris 1961 sépiaArrivés Gare d'Austerlitz en fin d'après-midi, le voyage ne s'arretait pas pour autant. Ils eurent droit à une visite de la capitale en bus panoramique. Un agréable périple parisien prélude à une soirée cabaret à "L’orée du bois". Des tables en bord de scène et un spectacle de grande qualité terminait la soirée avant un sommeil réparateur et récupérateur à l'Hôtel Terminus dont le nom ne signifiait pas la fin mais le début d’une journée chargée. L'établissement dont les trois étoiles n’étaient pas galvaudées, les accueillait  pour une nuit écourtée avant qu'ils ne rejoignent le Stade où les attendaient un copieux petit déjeuner et des séniors corporatifs qui n'avaient pas envie de s'en laisser conter par une bande de gamins venus de la banlieue bordelaise. Ils en prirent plein les filets. La classe et la technique n'a pas d'âge. La victoire de nos juniors (épaulés par des cadets) était amplement méritée.  

 

 

finale coupe de france Sedan nimes 02

Fin de partie mais pas fin de matches. L’après-midi il y en avait trois autres en spectateurs. C’etait moins éprouvant physiquement, mais il fallait se les enquiller. La pause-déjeuner à la mi-temps de la journée était la bienvenue. Ambiance festive, amicale et sportive. C’était moins convivial sur la pelouse du Stade de Colombes où les Sedanais et les Nîmois en décousaient pour s’approprier un trophée qui à cette époque avait une véritable signification. La coupe de France possédait une aura et un prestige que les nouvelles générations ne peuvent pas imaginer. Les Sedanais remportèrent ce match 3 buts à 1 mais ce n’était pas fini. En clôture il y avait la finale des sélections régionales cadets alors qu’en lever de rideau c’était la finale de la coupe Gambardella qui avait ouvert le spectacle. 

Les juniors du SAB Floirac vécurent un week-end mémorable qui se prolongeât par un retour festif en train de nuit.  

C'est avec des images et des souvenirs plein la tête, qu'ils debarquèrent au petit matin du lundi 8 mai en gare Saint Jean laissant la place ouverte à une autre équipe qui ne sera pas Floiracaise. Les vainqueurs de la coupe Thiery ne peuvent pas participer au tournoi l'année qui suit leur victoire.

 

 

  

 

sab contre thierry sépia redimensionnéeOn peut voir sur cette photo que nous envoyé Joseph* Estèves, l'équipe du SAB Floirac qui affronta le CS Thiéry corpo à PARIS le 7 mai 1961, regroupée à droite de la photo, c'est à dire à gauche de Miss Thiéry qui les honorait de sa présence. Pas besoin d'être ambidextre et encore moins daltonien pour identifier les Floiracais. Ils portent le maillot historique du SAB avec la bande poitrinaire rouge sur fond blanc qu'on peut avec peu d'imagination visualiser sur ce cliché monochrome.  

Debout de gauche à droite : BALANDIN / GLENAT/ PERALES/ MANCHADO/ REDIN/ LARRIEU/ RAYMOND/ HOLZACK/ CASTAGNET/ DUBOURG

Accroupis de gauche à droite : ESTEVES/ REVENU/ SINSOU.R/ SINSOU.P/ TATAS/ MOESSARD/ PASSET LACROUST

 

 

*Joséph Estèves qui nous a adressé les photos et les commentaires de l’article du 2 juin sur les vainqueurs de la coupe Thiery 1961, complète cet événement avec des infos et des photos de leur séjour Parisien. Pour ceux qui s'interrogent sur l'orthographe de son prénom, je tiens à préciser qu'il n'y a pas d'erreur. C'est bien Joseph mais tout le monde l'appellait Rossé. C'était à l'époque une prononciation naturelle pour les habitants du quartier Jean Jaurès où résidait une forte population hispanique.

 

 

 

 

 

 


09 juillet 2018

le 57eme régiment d'infanterie au cours Gambetta

 

militaires floirac sépia 02

 

Le 57e régiment d’infanterie de ligne (57e R.I) est un régiment de l’armée française, qui a connu depuis sa date de création en 1667 une existence quasi ininterrompue au service de la France. Il a glorieusement participé aux opérations militaires de la monarchie, de la Révolution, de l’Empire et de la République. Le 57 eme régiment de ligne qui est devenu lors de la mobilisation générale de 1914 le 57 eme régiment d’infanterie était basé au camp de Souge (commune de Martignas) et c'est là que j’ai effectué mon service militaire obligatoire pour ma génération. Ne me cherchez pas sur la photo. Je n’y suis pas. C’était déjà une autre époque. L’époque de mes grands-pères. Je ne pouvais donc pas défiler Cours Gambetta, mais par contre j’ai participé activement aux commémorations du tricentenaire du régiment en juillet 1967. J’avais le bon âge.

 

 

 

 

 

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02 juillet 2018

coupe thierry 1961

Joseph (prononcez Rossé*) Estèves nous adressé les photos et les commentaires d’un événement sportif qui a marqué le sport floiracais : « La victoire en coupe Thiery de l’équipe junior 1960/1961 ». On y retrouve des noms, des prénoms, des surnoms et des buts qui sont inscrits dans la mémoire de notre quartier. Merci José de nous avoir envoyé tes souvenirs et tes photos que nous publions sur deux dates. Aujourd’hui 2 juin c’est le jour de la finale et lundi 16 celui du voyage à Paris.

 

 

Sur cette photo, historique pour le sport Floiracais, on peut voir les juniors du Sab Floirac poser  dans l’enceinte du stade municipal (aujourd’hui Stade Chaban Delmas). Quand je parle d’historique c’est un peu fort. C’est juste de la petite histoire, mais c’est la nôtre. Celle du quartier Jean Jaurès d’où sont originaires la plupart de ces jeunes joueurs talentueux qui en 1961 ont gagné la coupe Thierry. Un trophée convoité par tout le Sud-Ouest qui récompense la meilleure équipe de sa génération. En plus de la coupe et du prestige, venaient s’ajouter des cadeaux (costumes) et un magnifique voyage à Paris pour assister à la finale de la coupe de France, qui cette année-là avait été remportée par les Sedanais de Noah (Zacharie le père de Yannick) face aux Nimois de Kader Firoud. Mais avant cela il fallait éliminer les équipes en lice et surtout gagner la finale qui se jouait en lever de rideau d’un match des Girondins de Bordeaux. C’est ce que firent nos Floiracais lors de la finale contre Biarritz qu’ils remportèrent 2 à 0. 

équipe sab thierry sépia 1961 - 02

  Rangée du haut debout de gauche à droite : Directeur des vêtements THIERY : Mr PICOT/ SINSOU/ CASTAGNET/ MOESSARD/ ESTEVES/ PERALES/ RAYMOND

Rangée du bas accroupis de gauche à droite :  REVENU/ GLENAT/ LARRIEU/ PASSET LACROUST/ TATAS

  

 

équipe complète SAB Floirac 1961 sépia (2)

Equipe complète des juniors du SAB Floirac 1961 de gauche à droite :

CASTAGNET/ ESTEVES/ REVENU/ MOESSARD/ SINSOU.R/ SINSOU.P/ DUBOURG/ TATAS/ RAYMOND/ HOLZACK/ GLENAT/ PASSET LACROUST/ MANCHADO/ PERALES/ LARRIEU/ REDIN

 

 

*Son vrai prénom c'est Joseph, mais bien qu'il ne soit pas Espagnol tout le monde l'appellait  "José" (pronocez Rossé) . C'était à l'époque une prononciation naturelle pour les habitants du quartier Jean Jaurès où résidait une forte population hispanique.

 

 

 

 

 

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25 juin 2018

chez Pierre

 

A pied, nous avions différents itinéraires pour effectuer le parcours du quartier Jean Jaurès jusqu’à l’école de La Souys et vice-versa. Ça évoluait en fonction des temps. Non, il n’y a pas de faute. Il y avait plusieurs temps qui influaient sur le chemin à prendre. Le temps de la météo. Le temps qu’il nous restait avant la cloche. Le temps passé en hiver pour l’interminable trajet de retour où nous nous trainions pour rentrer. Une rallonge inévitable quand la nuit s’annonçait et que la météo n’était pas bonne. A la mauvaise saison on ne pouvait pas couper par le pré du bout, notre raccourci préféré, qui était perpétuellement inondé, alors, nous  descendions le cours pasteur pour rejoindre la rue Pierre Curie. Ce trajet nous faisait invariablement passer devant Le Bar Chez pierre qui était à la cité ouvrière ce que La Caille était à Jean Jaurès. Ça grouillait de clients de tout âge mais ce n’était pas pour autant qu’on s’y arrêtait. On n’était pas dans notre quartier. On ralentissait néanmoins pour jeter un coup d’œil à l’intérieur. Ce n’était pas les joueurs de cartes qui nous fascinaient, mais tout le matériel de pêche et surtout de chasse qui trônait derrière le comptoir où officiaient Monsieur et Madame Pierre. Des fusils de tous calibres exposés aux regards de clients potentiels, mais aussi à celui des écoliers qui passaient.

 

chrz pierre 01

Changement de mœurs et d’époque. Un laboratoire d’analyses a remplacé le débit de boisson. Chez Pierre n’existe plus, mais auparavant les propriétaires et les enseignes se sont succédés. Sur le cliché ci-dessus, réalisé au début du XXe siècle, on peut voir une épicerie restaurant qui fait également office de bar sous le nom De Labaye. 

chez pierre 03

Au vu des vêtements et des coiffures, cette photo nous renvoie dans les années 1940/50. Sur la façade repeinte à neuf un lettrage sobre nous annonce une raison sociale sportive où sera rajouté par la suite le nom du dernier propriétaire « PIERRE », que l’on peut identifier sur la photo ci dessous avec quelques amis pétanquistes. 

chez pierre 05 02

 

 

 

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18 juin 2018

l'appel à la résistance

 

floirac résistance

L’appel à la résistance du 18 juin 1940 a eu un écho particulier à Floirac où résidait Monsieur Bertin un entrepreneur discret mais efficace qui avait la pleine confiance du Général De Gaulle. C’est ce Grand Monsieur méconnu de notre histoire qui a motivé son passage dans notre commune. En 1961 Charles De gaulle qui était devenu président de la république s’est arrêté à Floirac où il a été accueilli par un discours de bienvenue prononcé par le premier adjoint Monsieur Séssé. Floirac qui était en vacance de maire, suite au décès  de monsieur Jean Raymond Guyon (Monsieur André Le Floch n’était pas encore élu) a accueilli le président avec tous les égards dus à son rang.

De Gaulle à à floirac Ssépia

pour en savoir plus: http://memoirequartier.canalblog.com/archives/2017/06/07/35360792.html  

http://memoirequartier.canalblog.com/archives/2017/06/08/35364028.html

resistance floirac

Monsieur Bertin, un de ses professeurs à l’école supérieure de guerre, patron dans les années cinquante d'une petite entreprise située rue Blanqui, était connu pour ses dépannages envers ceux qui avaient été envoyés à la soupe comme on disait à l’époque. Il les embauchait pour des petits boulots qu'ils leur permettaient de faire le joint entre deux chantiers. Monsieur Bertin n’était jamais indiffèrent aux malheurs des autres. C’est ce qui l’a poussé, en vain, à vouloir remplacer un otage lors de l’occupation Allemande. Je n’ai pas pu vérifier cette anecdote dramatique qui m’a été rapportée par un ancien Floiracais. Mais quoi qu’il en soit, ça colle parfaitement avec la personnalité de ce grand Monsieur que l’on voit sur la photo entre le commandant Rougés et monsieur Jean Raymond Guyon futur maire de floirac. Sur ce cliché on peut également identifier Messieurs Vias Cabannes, et Mazars hauts responsables de la résistance bordelaise.  

  

img828

Le maquis dans notre région était parfaitement organisé et discipliné comme en témoigne ce laissez-passer signé du commandant Rougés, armateur-morutier, domicilié à Floirac. Certains réussirent des coups spectaculaires, à l'mage de ce groupe de maquisards venu de Dordogne qui pose pour la postérité après avoir attaqué de nuit l’atelier de mécanique de Belsito pour s’emparer d’une auto mitrailleuses et de divers matériel utile à leur combat.    

maquisards Belsito sépia 2

 

 

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11 juin 2018

que font les les filles ???

 

 

montage photos école des filles Jean Jaurès La Souys

Si dans mon article précédant je ne parle que des garçons, ce n’est pas par sexisme, mais par ignorance. A cette époque que ce soit à Jean Jaurès, à La Souys, à La Bastide ou ailleurs, les écoles publiques des filles et des garçons étaient bien séparées. Je ne peux donc pas évoquer ce qui se passait de l’autre côté du mur. Un immense mur éducatif (et répressif) qui heureusement est tombé bien avant celui de Berlin. Alors les filles, soyez sympas ! Au lieu de nous envoyer des courriers ou des commentaires sur un machisme inexistant, utilisez vos claviers pour nous raconter ce que vous avez vécu. Je sais que vous avez un beau brin de plume. Comme nous, vous avez été élevées à la sergent major, à l’encre violette et aux dictées quasi quotidiennes. Je me souviens de vos lettres de jeunesse au style parfait. Vous êtes plus douées que nous. Prenez le relais pour vous raconter. On veut savoir.

 

 

 

pour retrouver quelques photos de classes des filles cliquer sur

 

http://memoirequartier.canalblog.com/archives/photos_classes_louis_pasteur/p10-0.html

ou

http://memoirequartier.canalblog.com/archives/les_enfants_de_floirac_jean_jaures/index.html

 

 

 

 

 

04 juin 2018

les pionniers de Jean Jaurès

 

 

C’est un témoignage fort et un hommage avéré à Monsieur Lacueille, premier Directeur de l’école Jean Jaurès de Floirac, que Raymond nous narre de sa verve colorée et imagée. Raymond et ses copains de la génération 1951 ont fait  l’ouverture de la première classe Elémentaire de Jean Jaurès (après la fermeture de Marcel Sembat) et étaient présents pour la dernière année d’activité de ce grand Monsieur respecté de tous. La génération des enfants de 1951 n’a pratiquement connu qu’un seul et même Directeur*qui était également le "maître" de la classe du certificat d’études. Les Elémentaires de 59 sont devenus ces grands du "certificat  d’études 1ere année"qui avec toute l’école ont fêté son départ à la retraite en 1964. On n’était pas dans un quartier rupin, mais tous les élèves ont contribué par leurs modestes francs à amasser une cagnotte suffisante pour lui offrir un "poste de télévision" comme on disait à l’époque. Un objet rare dans ce quartier ouvrier. Un cadeau original qui a unifié les élèves dans une cause commune : Remercier et honorer leur maître et directeur.

 

classe certificat d'études 1 1963 1964

 

Dernière rangée :

Pévereaut, Gaillac, Coco Morial, Couthuis, Garnier, Gorce, Raymond Busquets, Broquet, Raymond Busquets, X, X, Bernos

Rang du milieu:

X, Valéjo, Jacky Fuentes, Cuiller, williams, Canteloube, Bouramoul, Bouiller, X, Lagé, Dubourg, X, Bernard Napolitano

Première rangée: 

Dufeau, Rossi, Patrick Hernandez, X, Poussade, Biguey, X, Castaing, X, Passelin,Feyssous, Pocheau, Claude Caboblanco 

 

 

 Témoignage de RAYMOND.

Ce n’était pas un directeur d’école mais un conseiller de vie, un aiguilleur d’enfants qui n’hésitait pas à employer la manière forte pour remettre certains d’entre nous sur la bonne voie. Ceux  qui ont connu le quartier dans ces années-là savent de quoi je parle quand j’évoque les gamins que nous étions et certains d’entre nous auraient pu très mal tourner s’il ne s’était pas imposé physiquement. Des empoignades au quotidien. Quand je parle d’empoignades, c’est le mot juste. Une poigne de fer. Un affrontement physique qui a porté ses fruits et donné des résultats avec des réussites aussi spectaculaires qu’inattendues. Merci Monsieur Lacueille, d’avoir appliqué la méthode forte. Une méthode respectée et approuvée par tous. Mais monsieur Lacueille ce n’était pas que ça. Bien au contraire. J’ai juste évoqué en premier cette facette du personnage pour rappeler une normalité éducative de l’époque qui doit faire hurler les bobos et les bien-pensants d’aujourd’hui. Les punitions et les  châtiments corporels étaient  courants, voire même pire, dans la plupart des établissements scolaires du siècle dernier. L’attitude de monsieur Lacueille était normale, ordinaire, voire même gentille, alors, je ne voudrai pas que ce soit mal interprété. Personnellement je lui dois beaucoup. Il a su me motiver pour passer le certificat d’études et obtenir ce sésame indispensable pour rentrer en apprentissage. Monsieur Lacueille, c’était avant tout un pédagogue qui a su s’adapter au quartier et à ses habitants. Dans sa classe il nous apprenait le concret et l’utile en décortiquant et décryptant les annonces Sud-Ouest mais surtout en y répondant. Les rédactions des lettres d’embauches étaient des exercices concrets d’orthographe et de grammaire qui nous préparaient au monde du travail.

 

groupe scolaire Jean Jaurès 09

En 1959 les garçons nés en 1951 étaient les petits de l’école Jean Jaurès. La plupart d’entre eux venaient du cours préparatoire de Marcel Sembat qui fermait ses portes. Un transfert de quelques rues seulement. Une proximité que n’ont pas connue leurs grands frères. Ces élèves du cours élémentaire étaient les premiers à profiter du raccourci que leur offrait le flambant neuf complexe scolaire de Jean Jaurès. Les autres classes étaient alimentées par les élèves du quartier qui jusqu’à l’ouverture du groupe scolaire Jean Jaurès fréquentaient l’école de la Souys distante de deux kilomètres. Les 51 ont vécu la période Lacueille jusqu’à son départ en 1964. Il leur restait une année avant l’examen du certificat qu’un nouveau maître Directeur, Monsieur Dumas, s’est efforcé de combler. Une succession plus ou moins bien vécue pour ces ados qui ont été imprégnés du charisme de Lacueille. On ne peut pas s’imaginer l’impact qu’il a eu sur la jeunesse lors de son passage dans notre quartier. 

génération 46 et 51 Jean Jaurès

Sur les photos ci-dessus on peut voir à gauche en 1960 la génération 1946 (classe du certificat d'etude) et à droite la génération 1951 la première classe élémentaire de Jean Jaurès lors du spectacle de Noël 1959.

  

tour de franceTémoignage de RAYMOND. 

De temps à autre Monsieur Lacueille débordait du cadre scolaire pour nous plonger dans l’actualité du moment. Une actualité sportive pour cet été du début des années soixante où il embarqua avec lui les grandes classes pour applaudir le coureurs du tour de France qui passaient cours Gambetta. Nous étions positionnés coté Floiracais, au pied de la côte Monrepos, devant la quincaillerie "Marot" affublés de chapeaux de papier que nous avions confectionnés avec des journaux et des prospectus pour nous protéger du soleil. Monsieur Lacueille qui avait emporté un siège, pouvait regarder confortablement le passage de la caravane qui précédait celui des coureurs. Inutile de vous dire que nous nous tenions à carreau, trop contents de profiter de cette récréation. Après un passage éclair des échappés, chassés par un peloton coloré où chacun s’efforçait de reconnaître son champion, le véhicule de ramassage des abandonnés et des éclopés clôturait la journée. La "voiture-balai"nous rappelait à l’ordre en évoquant la chambre du même nom que ceux qui l’ont connue n’ont certainement pas oublié. Les autres non plus. "La chambre à balais" était une institution de la période Lacueille.

 

 

 

Au cours de mes entretiens avec les élèves de Lacueille, j’ai découvert " la chambre à balais" un lieu où il s’expliquait assez durement avec les élèves qui avaient fait de grosses conneries. Et il y en avait de grosses, notamment celle avec un cirque de passage que je ne peux pas rapporter par respect pour les antagonistes de cette histoire qui ne sont plus avec nous. Mais ce qui a marqué le plus les esprits et qui revient comme un leitmotiv, ce sont ses deux chiens Youry et Johnny dont les noms étaient un clin d’œil à la guerre froide que se livraient à cette époque les Russes et les Américains. Jhonny, sur les dernières années de classe de Monsieur Lacueille, était devenu un vieux épagneul fatigué et impotent qui nécessitait des soins et une attention particulière. Son nettoyage était une punition éducative qui tombait souvent sur les mêmes élèves.

 

 

  

  

29 mai 2018

un triple anniversaire

Anniversaire blog 1+2 =50 03 (2) 

 

29 mai 2017  

Il y a un an, le 29 mai 2017, "les enfants de Léo et de Lébas de Garonne" publiait son premier article, naturellement consacré à un autre anniversaire, celui de la rencontre des anciens du "Foyer Amitié" de Floirac le 1er juin 2016.  

anniversaire 03

C’est le souvenir de cette journée qui a initié la création de ce blog, qui à l'origine n'était qu'un moyen de communication et de partage entre ami(e)s d'enfance. Mais bien vite, les amis des amies et les amies des amis se sont greffés au blog et ont contribué à tisser une toile d’info qui aujourd’hui trouve son prolongement naturel dans la page Facebook "mémoire de Floirac et de la rive droite". Merci à vous tous pour les photos, les petits potins, les anecdotes, les et les petites histoires de la grande histoire.

 

 

1 juin 2016  

ANIVERSAIRE montage rencontre foyer

Le 1er juin 2016 au restaurant de la gare à Espiet les jeunes (comme on nous appelait alors) du foyer amitié de Floirac sont venus des quatre coins de France et de Navarre pour partager une journée inoubliable de souvenirs et d’amitié. Rien n’avait changé. Nous avions conservés nos têtes d’ados. Du moins à l’intérieur. Vu de de l’extérieur il y avait quelques modifs que personne ne semblait remarquer. La vision du cœur transperçait les années pour ne retenir que les personnalités et les caractères de chacun. C’était magique.

  

 

mai-juin 1966

foyer amitié blog et facebook

Ces trois photos des jeunes du Foyer Amitié nous renvoient cinquante-deux ans en arrière, à une époque où l’amitié avait un vrai sens. Ces clichés du printemps 1966  n’ont pas eu recours au carbone 14 pour préciser le jour et l’heure des prises de vues, mais on s’en fout. Ça n’a aucune importance. A quelques jours près les souvenirs ne changent pas. Ils sont intacts. Du moins pour ceux qui les ont vécus. Pas besoin de disque dur ou de clés USB pour les visualiser, mais pour ceux qui n’y étaient pas ou n’étaient pas encore nés, ce blog leur permet de découvrir une facette de nos vingt ans.   

 

POUR SAVOIR PLUS :

http://memoirequartier.canalblog.com/archives/foyer_amitie/index.html

http://memoirequartier.canalblog.com/

https://www.facebook.com/M%C3%A9moire-de-Floirac-et-de-la-rive-droite-603756679971152/?modal=admin_todo_tour

 

 

 

21 mai 2018

annexion de la bastide

 

 

rive droite XIX siècle sépia

 

Bien peu de Bordelais connaissent l’histoire de l’annexion de la bastide. Ils ne se posent même pas la question, ce qui n’était pas le cas de nos arrières grands parents. Une question à l’ordre du jour des réunions houleuses du début du XIX ème siècle. 

Bastide 1700 1900 02

En 1821, le conseil municipal de Bordeaux, avec le maire Joseph-Marie de Gourgue, demande au roi Louis XVIII l’autorisation de réunir une grande partie du bas de Cenon à la ville Bordeaux. Avec la mise en service du Pont de Pierre en 1822 apparaît le risque de provoquer une concurrence économique pour Bordeaux.Sur l’autre rive. Le projet ainsi présenté sera rejeté par le maire de Cenon, et Bordeaux n’obtiendra pas l’extension de l’octroi sur les territoires réclamés. Les vigoureuses oppositions des maires concernés vont entrainer l’ajournement de cet ambitieux projet. Antoine Gautier n’envisage qu’une annexion minimale et rejette le projet préfectoral sous prétexte qu’il pourrait entrainer de très imprévisibles et grandes dépenses. Ses successeurs les maires Castéja et Brochon, n’osant pas affronter les querelles de clocher, vont se contenter de gérer l’affaire sans aller contre leurs intérêts électoraux. Presque dix ans vont s’écouler en palabres et propositions diverses pour enfin aboutir à une solution acceptable par tous. La ville de Bordeaux rachète le péage du pont de pierre en échange de l’annexion de terrains nécessaires à l’agrandissement de la ville du côté de La Bastide. L’annexion de La Bastide, confirmée par le décret du 27 avril 1864, devient effective le 1er janvier 1865. Le nouveau quartier, dénommé Bordeaux-Bastide, comprend plus de la moitié du territoire de Cenon ainsi qu’une partie de Floirac et de Lormont.

  

Mairie de Cenon

 

Des trois communes de la rive droite qui se sont vues amputées d’une partie de leur territoire c’est Cenon qui a payé le prix fort en cédant le quartier de la bastide (486 hectares sur les 1087 de la commune) dont l’industrialisation et la situation géographique inquiétait Bordeaux. Sa population passe de 6817 habitants à 848 habitants avec 379 électeurs dans le bas Cenon et 190 dans le haut. 

 

 

 

  

appontement quai de la souys

La commune de Floirac s’est vue confisquer une bande de 300 mètres de large le long du quai entre la passerelle de chemin de fer et l’actuelle rue Jules Guesde. Quant à la commune de Lormont, dont on parle rarement dans les manuels d’histoire qui relatent ces faits, nous rappelons qu’elle a cédé la quasi-totalité de son quai de Garonne à la ville de Bordeaux.

  

 

 

 

annexion bastide montage facebbok 02 (3)

Rien n’a changé pour ceux se rendent à Bordeaux si ce n’est le nom de la taxe ou de l’impôt qu’ils doivent débourser à la ville. Qu’on l’appelle stationnement ou octroi, c’est du pareil au même. Du moins du presque pareil. Jusqu’en 1863 le passage du pont de pierre était payant pour les cavaliers (cinq sous) mais aussi pour les piétons (un sou). Un sou c’est un sou comme on disait à l’époque. Des gros sous pour les calèches, diligences, et charrettes de marchandises. A moins de traverser la Garonne en compagnie d’un passeur plus ou moins fiable il fallait inévitablement passer par la case "octroi". Un octroi symbolisé par des  guérites qui fantasmaient ma petite enfance. J’imaginais les soldats, garder la ville, baïonnette au canon, pour prévenir les invasions ennemies. Quelle déception quand j’ai appris que c’était un simple guichet de douane qui perrcevait un droit de passage.

 

 

Sur la photo ci-dessus on peut voir les deux guérites coté Bastide, érigés par paires de part et d’autre du pont de pierre, elles furent détruites en 1954.

 

 

  

SOURCES :

Histoire des Maires de Bordeaux – Les dossiers d’Aquitaine. Guide de Bordeaux – Regards sur l’Aquitaine.

 

POUR EN SAVOIR PLUS:

http://www.bordeaux-gazette.com/Le-Combat-des-Maires-Bordeaux.html#3yVBPce56WAOG36w.99

 

 

 

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14 mai 2018

la pétanque à Floirac

 

napolitano histoire lacaille pétanque 05 réduite

Pour le quartier Jean Jaurès, le siège était naturellement le bar "La Caille" juste en face de la place Hilaire Saura, terrain d’entrainement des boulistes chevronnés et des footballeurs en herbe. Cette  photo où posent les pétanquistes ou pétanqueurs, comme on les appelait familièrement à cette époque, date du début des années soixante. Un concours certainement. Une occasion de réaliser ce cliché de compétiteurs*qui d’ordinaire jouaient pour le plaisir ou l’apéro. La pétanque était bien plus qu’un sport ou un loisir, c’était une institution, un lien social qui réunissait les grands-parents, les parents et les enfants du quartier autour du cochonnet. Ce n’est pas le surnom de l’un d’entre eux. Juste un accessoire de jeu qu’il fallait serrer de prés si on ne voulait pas aller voir Fanny et l’embrasser sur une partie charnue de son corps que la censure (la mienne) interdit de citer.

 

  

Debout, de gauche à droite:

X, Loustalot (2) Pédro (3) Georges Napolitano dit Yoye(4) Castéra le président (5) X,X, Rey dit Gorille (6), Douence ((7)André Napolitano dit cannelle (avant dernier) et Rémito dit le Cow Boy(dernier à droite)  

 

 

En bas, accroupis:

Galan, Saphore fils, Saphore père, Gerard Luri, Laznier, André Luri, Serge Vidorreta, X, X, et en bout Perez dit Patate.

 

  

*A noter pour la petite histoire qu’une triplette composée de Galan, Douence , Loustalot et d’un quatrième larron qui faisait office de remplaçant et dont j’ai oublié le nom, a participé au championnat de France à Lyon.  

 

 

 

 

 

 

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